L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Le président autoproclamé nie toute implication dans le massacre du 28 septembre
Le chef de la junte au pouvoir en Guinée persiste. Il réfute avoir donné le moindre ordre ayant conduit au massacre de manifestants le 28 septembre dernier dans un stade de Conakry. Il était «dans son bureau».
Au pouvoir depuis neuf mois en Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara ne se reconnaît «aucune responsabilité » dans le massacre de manifestants perpétré le 28 septembre par des militaires à Conakry. A la question «vous ne vous sentez aucune responsabilité vis-à-vis des morts du 28 septembre?», le président autoproclamé de la Guinée a répondu, lors d'un entretien diffusé dimanche sur Radio France Internationale (RFI): «aucune responsabilité ».
«On me dit qu'il y a eu carnage et que les militaires ont tiré. On ne peut pas contester ce qui est déjà là. Mais à qui on va incomber cette responsabilité? Ce n'est pas au président Dadis. (...) Le président Dadis était dans son bureau», a déclaré le capitaine, parlant de luimême à la troisième personne.
«C'est archi-faux» de dire que le président a donné l'ordre de tirer, a-t-il également assuré, alors que des témoins avaient affirmé que son aide de camp et son neveu faisaient partie des dirigeants des opérations au stade. Le chef de la junte s'exprimait près d'une semaine après la répression sanglante, dans un stade, d'un rassemblement de l'opposition, qui protestait contre son éventuelle candidature à la présidentielle du 31 janvier.
Ses propos interviennent à la veille de la visite du «facilitateur» dans la crise guinéenne, le chef de l'Etat burkinabè Blaise Compaoré, attendu ce lundi à Conakry. Selon la junte, 56 civils ont alors été tués, mais l'organisation guinéenne pour la défense des droits de l'homme a avancé le bilan de 157 morts et 1.200 blessés, et l'Onu plus de 150 morts, tandis que des familles recherchent toujours des disparus.
Auteur(s) / source : AFP