L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Léonce Houngbadji
Panique dans le rang des 10 conseillers accusateurs du maire Clément Dona Gnonlonfoun de Dangbo. Suite au procès du mercredi dernier, ils craignent pour leur sécurité et appellent le Chef de l'Etat au secours. Ils seraient menacés constamment par les partisans du maire emprisonné qui promettraient de leur rendre la monnaie de la pièce par tous les moyens.
La situation a failli tourner au vinaigre après la libération provisoire du maire par le juge Pierre Dassoundo. «On a failli être lynché par les partisans du maire venus nombreux assisté au procès. Nous avons dû fuir du tribunal pour ne pas essuyer leur colère noire», raconte l'un des bourreaux de Clément Gnonlonfoun. «Au village, nos parents sont persécutés. Des menaces de mort planent sur nos têtes. A cela s'ajoutent des coups de fils anonymes. Les gens menacent de brûler nos maisons et véhicules. Bref, c'est le sauve-qui-peut», a-t-il souligné. La réincarcération du maire est venue mettre de l'huile sur le feu.
La tension monte d'un cran. Certains conseillers accusateurs ont dû quitter complètement Dangbo pour s'installer à Porto-Novo et Cotonou. «Les partisans du maire dictent leur loi sur le terrain. Nous ne pouvons plus circuler librement», renchérit un conseiller Fcbe, avant d'appeler Boni Yayi au secours. «Il y a la séparation des pouvoirs dans notre pays. Nous ne lui demandons pas d'intervenir dans le débat au tribunal mais de donner les instructions nécessaires pour que nous nous sentions en sécurité. A défaut de nous faire protéger, il faut qu'il fasse en sorte que toute la population de Dangbo se sent à l'aise, en sécurité, durant et après le procès. Car telles que les choses évoluent, j'ai l'impression qu'un danger guette notre commune», a indiqué un autre conseiller Fcbe sous le couvert de l'anonymat.
C'est dire que la situation à Dangbo est très préoccupante. Les autorités compétentes à divers niveaux doivent prendre leurs responsabilités pour prévenir tout débordement. C'est-à-dire éviter que les menaces proférées soient exécutées. Le développement d'abord L'emprisonnement du maire Clément Dona Gnonlonfoun de Dangbo ne veut pas dire que le développement de la localité s'arrête. La vie doit continuer. Les uns et les autres doivent laisser la justice faire son travail, et s'occuper du mieux-être des populations à la base.
Elus Fcbe, G13 et Prd doivent mettre de l'eau dans leur vin. Conformément aux textes qui régissent la décentralisation au Bénin, dans ces cas de figure, c'est le premier adjoint au maire qui assure l'intérim du maire en attendant la convocation par le préfet d'une session extraordinaire du conseil communal aux fins d'élire un nouveau maire. Tous les conseillers doivent taire leurs querelles et s'unir derrière ce premier adjoint afin de conduire à bon port les affaires courantes de la mairie. L'émergence de Dangbo en dépend sérieusement.