L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Annoncé dans l’euphorie et la liesse, il y a un peu moins d’un mois, l’accord politique entre le G4 et Force Clé qui devrait servir de base juridique à une candidature unique au sein du bloc de l’opposition, a déjà du plomb dans l’aile. Les consultations qui se sont poursuivies depuis cette date jusqu’à ce jour, aussi bien sur le territoire national qu’au-delà de l’Atlantique, n’ont pas encore permis à toutes les parties prenantes de s’entendre sur tous les points de l’accord. De sorte que les velléités de rupture existent encore en dépit de l’apparence de cohésion affichée par les uns et les autres. Certains qui ont donné pourtant leur accord de principe à l’initiative de la candidature unique, n’épousent pas, par ailleurs, la propension rampante actuelle de systématisation du sacre d’un des ténors à conduire les destinées de l’intergroupe.
Aujourd’hui, il est évident que la plus grosse menace qui pèse sur l’unité de ce bloc est l’hypocrisie des alliés qui, pour la plupart, n’y croient pas eux-mêmes et qui s’y sont engagés juste par aventure. Si les rumeurs qui courent sont avérées, le séjour en France récemment des ténors du G4 n’aura pas permis aux alliés d’effectuer de gigantesques pas sur le chemin de leur objectif commun.
En vérité, l’idée de la candidature unique au sein de l’opposition n’est pas une invention béninoise. Le même projet déjà expérimenté au Sénégal avec insuccès, agite encore aujourd’hui fortement le landerneau politique de ce pays qui réunit les plus grands intellectuels de l’espace francophone en Afrique de l’ouest. Face à la forteresse que constitue le pouvoir du Président Abdoulaye Wade, l’opposition pour espérer déposer définitivement l’octogénaire à une maison de retraite, ne voit l’issue qu’à travers l’union sacrée des adversaires du régime en place à Dakar. Là-bas aussi, le projet peine à fédérer toutes les énergies qui lui sont indispensables pour se concrétiser. L’opposition béninoise n’a d’autre mérite que de copier une idée qui n’a pas encore prospéré nulle part ailleurs sous les cieux africains.
Par : Bernadin MONGADJI