L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Le dossier de malversations financières qui a conduit le maire de Dangbo et son C/Saf en prison connaît, depuis hier, un nouveau rebondissement. Ecroués pour le respect de la durée de la garde à vue, les deux individus ont comparu hier devant le juge qui s’est prononcé en faveur de Clément Gnonlonfoun en décidant de sa libération. Coup de théâtre, les deux mis en cause continuent leur séjour en prison malgré la décision de la libération de l’un à laquelle s’opposerait le procureur. Le maire, joint au téléphone, raconte son amertume.
Par : Barnabé HOUNKANRIN
Ecroué à la prison civile de Porto-Novo depuis le 17 septembre dernier, le maire de Dangbo, Clément Gnonlonfoun et son C/Saf ont comparu, hier, devant le juge. Après la défense de ces derniers par leurs avocats, le juge s’est prononcé en faveur de Clément Gnonlonfoun qui a obtenu la libération. Bonne nouvelle pour le maire de Dangbo et les siens qui, depuis son incarcération, ne cessent de mener des démarches pour sa libération. Mais force est de constater que Clément Gnonlonfoun continue encore son séjour à la prison civile de Porto-Novo après la décision de sa libération prononcée par le juge. Joint hier nuit au téléphone, l’homme n’a fait que se remettre à Dieu pour la suite du dossier. « J’ai été libéré par le juge après ma comparution mais chose curieuse, le procureur aurait donné des instructions pour que je ne sois pas libéré. Donc je suis encore gardé en prison ». C’est en ces termes que s’exprimait Clément Gnonlonfoun qui, dans ses propos, dit ne plus comprendre l’attitude du procureur qui s’opposerait à sa libération comme en a décidé le juge. Faut-il le rappeler, le conseil communal de Dangbo a traversé une longue période de crise durant laquelle certains conseillers dénonçaient des malversations du maire Clément Gnonlonfoun et donc boudaient les sessions. Ce dossier était à la base d’une destitution annoncée du maire, destitution qui a laissé place à une enquête. C’est à la suite des résultats que le maire de Dangbo et le C/Saf ont été gardés à vue pendant 92 heures avant d’échouer à la prison civile de Porto-Novo. Selon les informations, la prorogation de la durée de leur garde était pour un approfondissement des enquêtes sur leur inculpation. Finalement incarcérés, les mis en cause ont, dans un délai de moins d’une semaine, comparu à nouveau devant le juge. C’est cette comparution d’hier qui a consacré la libération du maire Gnonlonfoun qui devrait donc recouvrer sa liberté depuis hier. Mais le procureur en aurait décidé autrement, ce qui maintient le maire avec son C/saf en détention.