L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Le dossier de malversations à la mairie de Dangbo pour lequel le maire Clément Gnonlonfoun et son C/Saf sont gardés à vue à la compagnie de gendarmerie de Porto-Novo, a pris une autre tournure hier soir. Après avoir été présenté au Procureur de la République près le Tribunal de Porto-Novo, le maire Clément Gnonlonfoun et son C/Saf ont été déposés à la prison civile de Porto-Novo.
Par : Edgar GNIMAVO
Le maire de Dangbo, Clément Gnonlonfoun et son Chef service administratif et financier(C/Saf), Hubert Dogninou, n’ont pas pu recouvrer leur liberté comme le souhaitait beaucoup de personnes. Présenté, en effet, hier soir, au Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Porto-Novo, ils ont été conduits aux environs de 18 heures à la prison civile de Porto-Novo où ils ont passé leur première nuit. Après les avoir écoutés, le juge Pierre Dassoundo n’a pas été convaincu de la bonne foi des deux inculpés accusés de faux en écriture publique. C’est alors qu’il a délivré le mandat de dépôt à l’intention des deux responsables de la mairie de Dangbo. Aussitôt après, le maire Clément Gnonlonfoun et son C/Saf ont été directement conduits à la prison civile de Porto-Novo sous bonne escorte. Avec la mise sous dépôt du premier responsable de la commune de Dangbo, c’est la fin d’un long feuilleton à fort relent politique. Arrêté depuis le lundi dernier par les éléments de la brigade de gendarmerie de Dangbo, il est reproché au maire Gnonlonfoun par une dizaine de conseillers communaux, le détournement de la somme de 2.640.000 FCFA des caisses de la mairie de Dangbo. Ces conseillers mécontents de la gestion du maire sont allés jusqu’à demander sa destitution. Paradoxalement, le 25 août 2009, soit quelques jours après le déclenchement de cette crise de confiance, le maire Clément Gnonlonfoun a convoqué une session extraordinaire qui devrait être consacrée au vote de défiance. Mais ce jour-là, contre toute attente, le quorum n’a pu être atteint pour passer au vote. Ayant compris que les politiciens se sont mêlés à cette affaire, les conseillers mécontents ont promis de changer de stratégies pour faire partir le maire Clément Gnonlonfoun. A défaut donc de le destituer, les conseillers mécontents ont décidé de saisir le ministre de tutelle pour le suspendre conformément à la loi. Depuis lors, le maire de la commune de Dangbo n’a de cesse de clamer son innocence dans cette affaire en déclarant qu’il a été induit en erreur par le C/Saf. Mieux, Clément Gnonlonfoun a laissé entendre que la somme incriminée date de décembre 2008 et qu’il aurait même obligé le C/Saf en question à retourner l’argent dans les caisses de la mairie. Les faits en étaient là, lorsque le lundi dernier, en fin de soirée, le maire Gnonlonfoun et son C/Saf ont été arrêtés par la brigade de gendarmerie de la localité. Gardés à vue pendant trois jours, ils ont été enfin déférés à la prison civile de Porto-Novo pour certainement un long séjour carcéral.