L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Léonce Houngbadji
Lundi dernier, le Chef de l’Etat béninois, le Dr Boni Yayi, a ouvert officiellement les travaux de la première édition du Forum sur l’investissement et l’épargne qui s’est tenue dans son pays. C’était en présence d’un parterre d’invités de marque dont le Secrétaire Général de la Francophonie, l’ancien président sénégalais Abdou Diouf.
Dans son discours d'ouverture, le président béninois a, d'entrée de jeu, fait observer que son pays est particulièrement honoré d'abriter ce Forum initié par la Société Ouest Africaine de Gestion d'Actifs (Soaga) et ses partenaires. Il a rappelé que la première édition de ce Forum se tient dans un contexte politique international assez critique, marqué par une crise financière doublée d'une récession économique dont les conséquences pour les pays les plus pauvres se déclinent en pertes substantielles des revenus financiers issus des exportations, une raréfaction des investissements directs étrangers et des transferts des émigrés ainsi qu'une tendance à la basse continue de l'aide publique au développement. « En moyenne 45% à 50% des habitants d'Afrique subsaharienne vivent aujourd'hui en dessous du seuil de pauvreté. Cette proportion est beaucoup plus élevée que dans toutes les régions du monde, à l'exception de l'Asie du Sud », a-t-il révélé, avant de souligner que la crise financière actuelle, qui apparaît comme la plus grave que le monde ait connu dans son histoire récente, marque une rupture avec nos certitudes en matière d'investissement, de placement, d'épargne, de bourse, de gestion de portefeuille et de patrimoine. En effet, beaucoup de pays africains éprouvent, en dépit du choc et du sursaut international provoqué par cette crise, des difficultés à assurer la survie de leur marché financier.
« Le Bénin est durement touché par cette crise financière mais il est aussi résolument engagé à poursuivre les réformes qu'elle appelle. C'est en cela que je voudrais ici, saluer le choix judicieux opéré par notre présent forum d'aborder à la fois les problèmes de financement des investissements, des bourses et assurances ainsi que la fiscalité de l'épargne, qui suggèrent aux pays membres de notre sous-région ouest-africaine bien entendu, l'établissement de partenariats solides mais également et surtout une solidarité plus accrue et des solutions hardies », a indiqué le président béninois. Selon lui, les assises de ce forum offrent à ses participants une opportunité pour envisager ensemble les mécanismes et actions à mettre en œuvre à court et moyen termes pour faire face efficacement à la crise. Au nombre de ces mécanismes, il s'agira de mettre en exergue le rôle prépondérant du marché bancaire et financier dans les stratégies et politiques de développement que les pays de l'Afrique subsaharienne s'efforcent d'appliquer pour réussir leur véritable émergence économique. « Dans cette perspective, le Bénin est reconnaissant à l'endroit du Président Abdou Diouf pour sa disponibilité à l'endroit du peuple béninois », a déclaré le Patron de la Marina.
Il faut rappeler que c'est en 1998 que la création de la Soaga puis du Fonds Abdou Diouf a été décidée par le Conseil des Ministres de Finances de l'Uemoa, en réponse à la volonté des gouvernements de cet espace de contribuer activement à la mobilisation de l'épargne pour le financement des investissements et la dynamisation du marché financier sous-régional en voie de création. La volonté politique ainsi clairement exprimée, devrait être concrétisée par la Banque Ouest Africaine de Développement (Boad) que le Dr Boni Yayi avait l'honneur de présider, et qui avait reçu mandat de réaliser le projet et de construire à terme la création de la première institution financière sous-régionale spécialisée dans la gestion d'actifs : la Soaga.
L'une des premières tâches auxquelles la Boad s'est attelée a été de lancer un appel d'offres auprès des huit Etats de l'Union pour abriter le siège de cette institution. Le Bénin a eu le privilège de remporter cet appel d'offres et d'accueillir le siège de la Soaga le 18 avril 2003 en même temps que la Sicav Abdou Diouf. « Ce bref historique montre tout l'attachement que le Bénin porte à la Soaga et justifie le fait que mon Gouvernement ne ménagera aucun effort pour lui offrir les conditions optimales de réussite dans sa mission », a rassuré le Chef de l'Etat.