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L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

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Rebelles ou syndicalistes ?


Installés en juin dernier, les membres de la Commission politique de supervision chargée de la mise en place de la Liste électorale permanente informatisée (Cps-Lépi) ne parlent plus depuis quelque temps le même langage. Trois des huit membres qui ont prêté serment devant la Cour constitutionnelle ont suspendu le 10 septembre dernier leurs activités au sein de cette structure. Unis par les liens de l’opposition de qui ils répondent au sein de la Cps-Lépi, les trois compères parlementaires sont très fâchés contre les méthodes de supervision de leur chef, Epiphane Quénum. Ils lui reprochent une gestion cavalière dans la conduite des affaires d’une institution d’une telle sensibilité. Voilà pour les griefs.

 

A l’analyse, l’action des trois compagnons qui ne manque point de rationalité, n’est pas pour autant exempte de toute manipulation politique et trahirait dans ce cas des velléités de sabordage du processus en cours. Sa faiblesse est de n’avoir pas réussi à rallier la majorité de leurs collègues de la Cps-Lépi qui proviennent d’obédiences politique ou professionnelle différentes. Arithmétiquement parlant, il apparaît que c’est trois d’une équipe de huit qui bouderaient en prenant le risque de mettre en péril une réforme électorale encore inédite. Dès lors, il pourrait s’agir d’une rébellion au dessein sombre avec en prime une volonté masquée de compromettre une machine en pleine opérationnalisation. L’acte même ressemble à un pavé jeté dans la mare et les trois compères apparemment, futés, n’attendent que son effet pour passer à une autre vitesse.

 

En vérité, quels que soient les objectifs des rebelles, la Cps-Lépi a besoin de se bâtir sur un socle solide que constitue le consensus politique. En cela, l’action des représentants de l’opposition n’est pas superflue et permet au principal mis en cause de rectifier le tir en prenant en compte les griefs de cette faction de ses collègues. Heureusement, il s’agit d’une suspension et non d’une démission. Le risque de blocage, tout de même, reste latent.


Par : Bernadin MONGADJI

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