L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Le maire de la commune de Savè, Félix Adimi, entouré de certains membres du conseil communal, a tenu à faire des clarifications sur le rapport de la commission d’enquête de même que les conclusions tirées après le rapport par l’autorité qui l’a commanditée, le préfet Armand Nouatin. C’était hier à la faveur d’une conférence de presse au Conseil national des chargeurs du Bénin (Cncb).
Par : Barnabé HOUNKANRIN
Sept principaux points du rapport de la commission d’enquête et les conclusions tirées par le préfet suite audit rapport ont suscité l’indignation du maire de la commune de Savè, Félix Adimi, qui a tenu à rendre publique sa part de vérité sur le sujet. Dans une démarche qui consiste à relever les insuffisances du rapport et l’incongruité des conclusions tirées par le préfet, Félix Adimi a abordé, point par point, les différentes questions auxquelles touche le rapport. Il s’agit d’un supposé voyage du maire Adimi en Chine avec un monsieur autre que celui désigné par le conseil communal, d’une surfacturation et factures pour le reboisement de juin 2008, une prétendue modification des délibérations du conseil communal, l’utilisation des fonds à des fins non autorisées, l’aliénation des biens domaniaux, le contrat avec Collines Hebdo et le prélèvement de 25 % (11.562.619) F Cfa des patentes de la SUCOBE. Sur le voyage du maire sur la Chine, le maire dit avoir agi sur décision du conseil communal auquel il renvoie le préfet pour bien se rendre compte qu’il avait la latitude de choisir son assistant et que l’incidence financière a été à la charge du ministère de l’industrie chinoise. Le maire Adimi a également parlé de son voyage en France, voyage après lequel un groupe de 08 conseillers communaux a affirmé qu’il a reçu des colis sans préciser qui a donné les colis et leur contenu. « Tout cela n’est que mensonge grotesque pour nuire » a déclaré le maire. En ce qui concerne la surfacturation pour le reboisement de juin 2008, Félix Adimi a fait un rappel-mémoire au préfet. En effet, affirme-t-il, son intervention dans ce dossier ne se résume qu’à une simple régularisation de signature car il a prit fonction le 16 juin 2008 et ne saurait répondre d’une dépense exécutée avant sa prise de fonction. « C’est une contre-vérité flagrante, une accusation non fondée » a déclaré le maire. Dans le rapport et selon les conclusions du préfet, « le maire n’est pas compétent pour faire auditer la gestion de la mairie du temps de son prédécesseur (confère l’article 142 de la loi 98-007 du 15 janvier portant régime financier des communes en République du Bénin)…Il s’agit d’une dépense non autorisée des fonds engagés… » A ce sujet, le maire affirme que le budget a ce propos a été régulièrement voté en conseil communal et approuvé par arrêté préfectoral N° 4/055/DPZ-C/SG-SAF du 25 mars 2009. Plus grave selon Adimi, il n’existe pas d’article 142 dans la loi citée par le préfet et que le dernier article de la loi est le 60 qui dispose que « la présente loi qui abroge toutes dispositions antérieures contraires sera exécutée comme loi de l’Etat ». Sur tous les points, le maire Félix Adimi a exhibé des preuves qui contredisent le rapport et les conclusions tirées par le préfet Nouation et rendues au ministre de la décentralisation par ce dernier.
Félix Adimi tire les grandes leçons et apaise
Pour le maire Adimi, les conclusions du préfet apparaissent, en général, comme des points de vue exprimés par un groupe minoritaire de 08 conseillers communaux sur les 17 qui composent le conseil communal. Il récuse en bloc toutes les conclusions du préfet suite au rapport d’enquête et qui sont contenues dans sa lettre transmise au ministre de la décentralisation. Il regrette les actes du groupe de 08 conseillers dits « patriotes » et les appelle à l’œuvre de reconstruction du tissu social et économique de la commune de Savè. Il lance un appel à l’esprit de patriotisme et de discernement de chacun et de tous pour que les querelles politiciennes ne prennent pas le pas sur les questions de développement.