L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
La Commission politique de supervision ( Cps ) mise en place, il y a quelques semaines, pour élaborer la Liste électorale permanente informatisée ( Lépi ), pourrait avoir du plomb dans l’aile dans les prochains jours. Selon les indiscrétions, les représentants de l’opposition qui siègent au sein de cette structure envisagent de démissionner en bloc. Si les menaces actuelles dans ce cadre se concrétisaient, la machine de la Lépi mise déjà en branle se trouverait grippée. Les conséquences risquent d’en être fatales pour les prochaines échéances électorales pour lesquelles cet instrument devrait servir de levier.
Par : Bernadin MONGADJI
Que se passe-t-il réellement au sein de la Commission politique de supervision de la Lépi ? C’est la question que l’opinion nationale se pose depuis quelques jours au regard de la nouvelle crise qui secoue la structure que dirige le député de la Renaissance du Bénin ( RB ), Epiphane Quénum. Après le bras de fer avec une faction de la société civile qui ne se reconnaît pas à travers son représentant qui siège au sein de cette structure, revoilà la Cps-Lépi face à de nouveaux conflits qui risquent d’hypothéquer son opérationnalisation. Selon des sources généralement bien informées, l’ensemble des représentants du bloc de l’opposition qui y siègent ne seraient pas d’accord avec la manière dont les activités de la commission sont conduites actuellement. Pour ne pas se rendre comptables plus tard des décisions qui y sont prises, ces derniers après s’être concertés, envisageraient, selon les mêmes sources, de démissionner en bloc. Ce coup de théâtre, s’il advenait, bloquera les activités de cette structure instituée par le législateur pour piloter les opérations d’élaboration de la liste électorale permanente informatisée. Dans ce cas, on pourra dire bye bye Lépi pour l’élection présidentielle de 2011. Mais à analyser de très près cette situation, la menace que les représentants de l’opposition font peser sur ce processus qui a pourtant reçu dès le départ l’assentiment de toute la classe politique, révèle au grand jour l’hypocrisie des acteurs politiques. Quelles pourraient être les raisons objectives qui justifieraient aujourd’hui les menaces de l’opposition lorsqu’on sait que le superviseur général est un éminent membre d’un parti qui se réclame de l’opposition ? Quels sont les dessous réels de ce revirement spectaculaire ? A qui profiterait le blocage du processus en cours ? La mouvance présente-t-elle des velléités de caporalisation de la Cps-Lépi ? Ce sont-là autant de questions par rapport auxquelles les Béninois veulent être fixés. Pour l’heure, il est évident qu’une nouvelle crise autour de la Lépi ne peut que faire sombrer la mise en place de cette réforme électorale que divers partenaires financiers du Bénin ont fortement appuyée. Les difficultés actuelles trahissent un consensus de façade autour de cet instrument électoral que tout le monde semble avoir appelé de son vœu et qui rencontre une opposition en plein processus. Il est important que les différents acteurs s’asseyent autour de la même table pour rechercher ensemble et dans un souci d’équité les solutions idoines aux problèmes qui se dressent sur le chemin de cette réforme politique.