L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
La nébuleuse autour du dialogue politique national initié par le Chef de l’Etat, le Président Thomas Boni Yayi, en novembre 2008 et sacrifié depuis lors sur l’autel des querelles politiques, vient de révéler ses dessous. A la faveur d’une conférence-débat organisée, hier jeudi, à l’hôtel Plm Alédjo, le ministre chargé des relations avec les institutions, Zakary Baba Body, a informé l’opinion sur les réelles motivations du statu-quo enregistré, jusque-là, au sujet de l’instauration du cadre de concertation nationale qui devrait conduire à la décrispation de la crise politique latente entre la mouvance et l’opposition. Il a, par ailleurs, partagé avec le public ses nobles ambitions à la tête du département ministériel et les chantiers qu’il a ouverts ça et là pour un bon rapport de voisinage entre la classe politique et la société civile.
Par : Serge-David ZOUEME
Au rang des sujets évoqués par Zakary Baba Body, figure celui du dialogue politique national envisagé par Boni Yayi et maintes fois reporté pour diverses considérations politiques. Sans ambages, le ministre chargé des relations avec les institutions a retracé le film des démarches qu’il a personnellement menées en direction des forces de l’opposition sur instruction du Chef de l’Etat. Des démarches qui, à en croire ses explications, n’ont pu aboutir en raison des nombreuses conditions posées ça et là par l’intergroupe G et F.
Les conditions des G et F
En effet, à l’origine de l’initiative, le Président de la République a souhaité que toutes les forces politiques de la mouvance et de l’opposition se rencontrent dans un cadre de concertation pour échanger sur les réels problèmes qui entravent l’esprit d’unité et les efforts de cohésion nationale. Encore qu’à l’époque, tout comme aujourd’hui, la crise politique entre les différents blocs était manifeste et tendue. A l’invitation du ministre Zakary Baba Body, les partis et mouvements de l’opposition, tout en appréciant la démarche, n’ont pu accéder à la requête. Car, selon eux, informe le ministre, la date retenue pour le dialogue politique national coïncidait avec celle prévue par les G et F pour la tenue du séminaire de Bohicon et d’Abomey. C’était les 28 et 29 novembre 2008. Ce qui justifie, en un premier temps, le report dudit dialogue. Au lendemain de ce séminaire d’été de l’opposition, Zakary Baba Body a relancé l’idée de sa tenue pour un accord de principe. Hélas, cette volonté de l’équipe gouvernementale a achoppé sur la condition posée par les ténors de l’intergroupe G et F. Selon eux, seuls les partis et mouvements politiques ayant des députés à l’Assemblée nationale participeront au dialogue politique national. Ce qui n’a pas été du goût du ministre Baba Body, encore moins du Chef de l’Etat qui a estimé que la requête de l’opposition tend à fouler aux pieds les vraies motivations du dialogue. On pourrait assister à la discrimination pure et simple d’une bonne frange des formations politiques qui désiraient prendre part à ce cadre de concertation. Le président Boni Yayi a demandé que les négociations se poursuivent afin que les différentes parties impliquées accordent leurs violons. Ce qui aurait partiellement porté ses fruits puisque, selon le ministre, certains hommes politiques de l’opposition ont fini par adhérer à la vision du Chef de l’Etat. Les travaux préparatoires du dialogue politique national aurait commencé quand les barons de l’opposition ont, à nouveau, adressé une lettre au ministre dans laquelle ils ont posé d’autres conditions préalables. Hélas, ce courrier ne serait jamais parvenu à Zakary Baba Body. Il l’a lu dans la presse, a-t-il déclaré. Cette fois-ci, ils ont estimé que le Président Boni Yayi est en campagne précoce et qu’il doit immédiatement surseoir à cela. Autre chose, ils exigent un accès équitable aux organes de presse du service public, en l’occurrence l’Ortb. Alors qu’à la même période, les forces de l’opposition se sont réunies au Palais des sports du Stade de l’amitié pour faire usage de l’allégorie : « changer de chauffeur en 2011, arracher le volant au chauffeur… ». Ce qui, selon le Chef de l’Etat, dénote de la mauvaise foi de l’opposition qui n’épouse pas, hélas, l’instauration de ce cadre de concertation. A en croire le ministre chargé des relations avec les institutions, la porte n’est pas encore fermée puisque les démarches se poursuivent en vue de la mobilisation de tous autour du dialogue politique national.
Quelques actions à l’actif de Baba Body
Considéré comme l’interface entre le gouvernement et les institutions étatiques ou non, le ministre Baba Body, après son avènement à la tête du ministère, a entrepris une série d’actions parmi lesquelles la réorganisation de la chefferie traditionnelle, la réorganisation de la société civile. Des chantiers qui se poursuivent malgré les couacs, a-t-il précisé. La réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) constitue l’autre pan de sa mission. Ses structures compétentes s’y évertueraient actuellement. Il s’engage à aller jusqu’au bout dans l’intérêt supérieur de la nation.