L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Sous la pression citoyenne, les députés se retrouvent, ce jour, au Centre international de conférences de Cotonou pour actualiser le projet de loi portant répression de la corruption et de l’enrichissement illicite au Bénin. C’est l’occasion pour les acteurs politiques de prendre en compte le plaidoyer de la société civile afin de doter enfin le Bénin de cet arsenal juridique indispensable dans la lutte contre la corruption.
Par : Edgar GNIMAVO
L’Assemblée nationale à travers sa Cellule d’analyse politique organise, ce jour, un atelier pour se pencher sur l’actualisation du projet de loi portant répression de la corruption et de l’enrichissement illicite au Bénin. Cet atelier a pour objectif de permettre au Parlement de jouer sa partition dans le débat national sur la corruption et l’enrichissement illicite en mettant en route le processus devant conduire à la finalisation du cadre légal de lutte contre ce fléau. Il permettra aussi de manière spécifique d’actualiser le projet de loi sur la base des contributions de tous les acteurs intéressés par le sujet. Justement par rapport à cette contribution, il est impérieux voire indispensable de prendre en compte le plaidoyer de certains membres de la société civile qui ont fait de la lutte contre la corruption, leur cheval de bataille. En effet, au lendemain de la publication des cas de malversations dans le dossier Cen-Sad, Me Marie-Elise Gbèdo était montée plusieurs fois au créneau pour supplier à la limite le Chef de l’Etat et le Président de l’Assemblée nationale pour que cette loi qui dort dans les tiroirs des députés soit enfin votée. Estimant que son message n’est pas passé, elle a appelé au secours La Première dame et l’épouse de Mathurin Nago dans son plaidoyer. Avant Me Gbèdo, d’autres voix se sont élevées pour aller dans le sens du vote de cette loi. C’est le cas, par exemple, du Fonac de Jean-Baptiste Elias qui a dénoncé et qui continue de dénoncer les cas d’enrichissement illicite et de corruption. Mais, sans un arsenal juridique en la matière, tous les efforts pour dénoncer seront vains. Marqués de toutes parts et ne pouvant plus indéfiniment rester indifférents à la pression des acteurs de la société civile, les parlementaires qui n’ignorent pas de cette loi en tant qu’instrument privilégié pour lutter contre la corruption et l’enrichissement illicite, ont décidé enfin de prendre leurs responsabilités. Car faut-il le rappeler,dans le cas de l’affaire Cen-Sad, les auteurs ne pourraient être sanctionnés sans cette loi. Mais avant toute chose, il faut réactualiser le projet de loi déposé sur la table des députés depuis 2006 par le régime du président Kérékou. C’est ce qui explique l’atelier de ce jour au Centre international des conférences de Cotonou. Au-delà donc des honorables députés, il faut nécessairement associer tous les acteurs politiques et la société civile, susceptibles de contribuer véritablement à une véritable actualisation du projet de loi sur la corruption. C’est dire que le nouveau texte qui va faire l’objet d’une étude par la Commission des lois, devra prendre en compte toutes les variantes du phénomène dans sa manifestation moderne tant au plan national qu’international. Doter enfin le Bénin de cet arsenal juridique serait salutaire, quand on sait que le Chef de l’Etat a fait de la lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance, son credo. C’est d’ailleurs pour cette raison que la cinquième législature s’est investie dans l’étude de ce texte à travers un travail technique préalable réalisé par la Commission des lois. Le rapport issu de ce travail sera mis à la disposition des participants à cet atelier. Par ailleurs, la volonté politique est manifeste au niveau de toutes les institutions même s’il est important de souligner que sans la veille citoyenne grâce aux plaidoyers des acteurs de la société civile, rien n’aurait véritablement bougé. A cet égard, le rôle du Parlement est déterminant, en ce sens qu’il va élaborer le cadre légal qui va servir de base juridique à la répression de la corruption. En somme, c’est à une mobilisation générale qu’on aura droit ce jour de la part de la société civile et des acteurs politiques afin de mettre en place la base de l’instrument qui servira dorénavant à punir les auteurs de corruption et de l’enrichissement illicite au Bénin.