Les mots de courtoisie et d’amitié utilisés par le ministre burkinabê des affaires étrangères pour qualifier l’ambiance fraternelle qui a prévalu, lors de la signature du compromis par lequel le Bénin et le Burkina Faso portent leur différend frontalier devant la cour internationale de justice de La Haye, démontrent bien que les deux délégations ont travaillé dans un véritable esprit de règlement consensuel et pacifique. Ce qui n’a été possible que grâce à l’impulsion donnée par les deux chefs d’Etat qui ont choisi, dès le départ, la voie pacifique de gestion de ce différend, pour éviter les risques de malentendus et d’incidents pour les deux peuples.
Une vision à saluer et qui est en passe de devenir la règle dans tous les cas de différends frontaliers que le régime gère actuellement. Cette volonté de pacification est perceptible d’ailleurs dans le processus qui a conduit à la signature lundi, du compromis de saisine de la Cij.
Cette rencontre est donc la suite logique de la décision sage des présidents de la république Boni Yayi et Blaise Compaoré de ne pas faire, comme dans bien des cas, traîner les choses, soulevant des rancoeurs, puis des incidents graves, entre les pays et entre leurs peuples, gaspillant ainsi les énergies et les ressources qui seraient autrement consacrées au développement et à la prospérité partagée.
Il est utile de rappeler les moments forts de cette démarche consensuelle. Les deux pays ont mis sur pied en février 1980, la Commission Mixte Paritaire Bénino-Burkinabé de Délimitation de la Frontière. Cette Commission a réussi à sa sixième session tenue en janvier 1991 à aboutir à un consensus sur le tracé de la frontière commune allant du point triple Bénin- Niger-Burkina jusqu'à l'intersection de la Pendjari avec le 11ème Parallèle Nord.
De la 7ème à la 10ème session, les Experts de la Commission Mixte n'ont pas réussi à retenir les textes juridiques et documents cartographiques pouvant permettre la définition du tracé théorique de la frontière dans la section restante longue de 10 Km environ: c'est la zone litigieuse de Kourou/Koalou. Face à cette situation déplorable et dans le souci de la préservation de la paix entre les deux pays, les deux Chefs d'Etats, leurs excellences, Messieurs Boni Y A YI, Président de la République du Bénin et Blaise COMPAORE, Président du Burkina- Faso se sont rencontrés à Ouagadougou et ont décidé de confier le règlement du litige frontalier à la Cour Internationale de Justice de la Haye.
Cette décision sage connaît donc sa première conclusion heureuse, par la signature du compromis le lundi dernier à Cotonou. Pour le reste, c’est-àdire en attendant la décision de la Cij, les autorités des deux pays, ont pris des dispositions et sensibilisé les uns et les autres pour que, pendant la longue période d’attente du verdict de la cour, rien ne soit fait pour gêner l’esprit de consensus créé.
Rien ne se fera dans la localité concernée de façon séparée, par l’un ou l’autre des deux pays, surtout en ce qui concerne la sécurité et la construction d’infrastructures.
Auteur(s) / source : L.B