L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Après bien des inquiétudes, le match Bénin-Mali s’est plutôt bien déroulé. L’apocalypse du 06 septembre n’a pas eu lieu. Au contraire, une nouvelle sélection est née. La défense s’est rajeunie sans commettre de grosse bévue. Le milieu de terrain s’est bonifiée admirablement et la ligne offensive s’est oxygénée avec succès. Les Ecureuils ont désormais un banc de touche.
Par : Sosthène SEFLIMI
Dans l’ensemble, les Ecureuils ont plutôt dominé le match qu’ils ont livré, il y a 48 heures, contre les Aigles du Mali. L’éléphant malien annoncé s’est révélé un géant au pied cassé. L’organisation tactique mise en place par le coach Michel Dussuyer et la rigueur défensive affichée par les Ecureuils a mis les envahisseurs en déroute. C’est vrai que d’énormes occasions de but ont été gaspillées par la ligne offensive mais au-delà, le comportement collectif des Ecureuils dans les phases de récupération de la balle et les prestations individuelles des remplaçants titularisés ou qui sont rentrés en cours de match, démontre que la sélection est en pleine mutation.
Le duo Chrysostome-Adénon n’est plus inamovible
Sur la ligne arrière, Romuald Boco appelé à assumer l’intérim d’Anicet Adjamonsi a déjà démontré de la qualité par le passé au poste de latéral droit et les prestations de Félicien Singbo contre le Mali à Bamako ont rassuré quant à sa capacité à assurer la succession d’Alain Gaspoz au latéral droit. Mais l’association Damien Chrysostome-Réda Johnson n’avait rien de rassurant, seul Michel Dussuyer devrait y croire. Cependant, durant toute la rencontre, le jeune défenseur de 21 ans a mis tout le monde d’accord sur sa grande envie et ses qualités intrinsèques. A part quelques erreurs de repositionnement et quelques difficultés d’appréciation, il a fait un grand match et s’est ‘’occupé’’ à chaque fois du grand Frédéric Kanouté sans état d’âme. Cette formidable prestation de Réda Johnson est un nouveau paramètre qui permet à l’encadrement technique et à toute la sélection de même qu’aux supporters d’aborder les rencontres des Ecureuils à venir, avec plus de sérénité. Désormais, il est entendu que le duo Damien Chrysostome-Khaled Adénon est certes la base du système défensif des jaunes mais, il n’est plus inamovible. C’est un stress en moins pour tous. D’un autre point de vue et toujours dans le même registre, la prompte adaptation du jeune Mouftaou Adoun remplaçant de Félicien Singbo blessé, a restauré la sérénité de la défense. C’est sûr qu’il n’est pas de tout reproche sur le but malien puisqu’il a manqué de réaction. Mais qu’a cela ne tienne, il était présent.
Angan, l’autre meneur de jeu
Au milieu de terrain, Pascal Angan est apparu très discret dans l’animation du jeu qui lui a été confiée. Mais, au plan tactique, il a réussi à mettre sous l’éteignoir Séïdou Kéïta dont Michel Dussuyer avait une peur bleue puisqu’il déclarait à propos du joueur du Barça, lors de la conférence de presse du jeudi 03 septembre : « Par rapport au match aller, je sais que le Mali bénéficiera du retour de Seydou Kéita qui joue un rôle de catalyseur. C’est un défi supplémentaire pour nous. Il a un rôle important dans l’animation offensive de l’équipe du Mali. En ce moment, il est plutôt bon, il est en forme. Il est plutôt bon. Ça nous accroît les difficultés ». Ils sont nombreux, les supporters béninois à ne pas se rendre contre de la présence de Seydou Kéïta sur le terrain parce que Pascal Angan a réussi à l’empêcher de jouer. Le milieu de terrain du Wydad athletic club de Casablanca n’a peut être pas été très rayonnant, mais il a assumé parfaitement sa partition tactique, en apportant discrètement sa part de travail à la tâche collective assignée au groupe, sans essayer de titre le drap de son seul côté. Alors que c’était sa première titularisation, l’ancien joueur du Tonnerre de Bohicon a su être suffisamment altruiste. Il a évité le grand piège du « m’as-tu vu » et ceci a révélé ses capacités à tenir le grand rôle dans l’animation offensive de jeu des Ecureuils. Il n’avait pas pour mission de faire oublier Stéphane Sessegnon mais il a tenu le pari.
Mohamed Aoudou est né
En attaque, la « révélation Aoudou » a crevé l’écran. Son but est d’un autre monde. Il a fait juste ce que le sélectionneur attendait de lui en le faisant entrer à la 74ème minute. L’ancien sociétaire du club Dadjè Fc de la D2 a encore des classes à faire pour disputer une place de titulaire chez les Ecureuils. Mais le but qu’il a marqué est l’expression de son sens du placement, sa puissance et son sens du but. En un seul geste, il a démontré qu’il est un véritable attaquant en gestation. Les espoirs du peuple béninois de voir les Ecureuils marquer dans un match ne se reposeront plus exclusivement sur les seules épaules de Razack Omotoyossi. Les défections de Stéphane Sessegnon et de Khaled Adénon ont permis à Michel Dussuyer d’ouvrir de nouveaux chantiers et de sortir des sentiers battus. Les Ecureuils, ce n’est plus depuis le dimanche 06 septembre 2009, onze joueurs sur le terrain mais tout un groupe avec un banc de touche bien fourni. Le Bénin du football a pris de nouveaux galons.