L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Léonce Houngbadji
Les leaders politiques réunis au sein du G4 et Force clé ont signé un accord politique mardi dernier à Cotonou. Selon ce « Protocole d’Union », ils vont choisir en leur sein, et selon un mode démocratique approprié convenu entre les signataires du présent protocole, un candidat unique aux élections présidentielles de 2011. A moins de deux ans de ce scrutin capital qui fait courir beaucoup d’hommes politiques, la question qui se pose est de savoir qui de Me Adrien Houngbédji du Prd et de Léhadi Soglo de la Rb va accepter se sacrifier pour que cet engagement pris soit réellement respecté. Le fameux protocole d’union signé mardi dernier par le Mouvement Africain pour la Démocratie et le Progrès (Madep), le Parti du Renouveau Démocratique (Prd), le Parti Social Démocrate (Psd), le Parti de la Renaissance du Bénin (Rb) et Force Clé (Fc) a-t-il de chance d’être respecté par toutes les parties prenantes ?
Tous les 12 points qui y sont énoncés ont-ils de beaux jours devant eux ? Le passé politique des leaders du G4 et Force clé n'est plus à démontrer... Avec tous les coups bas politiques qu'ils se sont donnés par le passé, peut-on affirmer aujourd'hui sans risque de se tromper que cet accord « historique » à un lendemain meilleur ? Voilà autant de préoccupations majeures qui trottinent dans les méninges depuis que ce protocole est devenu une réalité. En effet, il contraint Bruno Amoussou, Nicéphore Soglo, Adrien Houngbédji, Antoine Idji Kolawolé, Lazare Sèhouéto et consorts à travailler désormais en rangs serrés. Ces « animaux politiques » sont appelés dorénavant à mener à l'avenir toutes les actions publiques ensemble, dans un creuset unifié, de manière à accroître leur efficacité. Et c'est dans ce cadre qu'ils vont « choisir en leur sein, selon un mode démocratique approprié convenu entre les signataires du présent protocole, un candidat unique aux élections présidentielles de 2011 et aux échéances présidentielles à venir et élaborer pour le quinquennat 2011-2016, un programme de gouvernement qui assure le développement politique, économique et social de notre pays dans le respect des valeurs de tolérance, d'intégrité, d'abnégation et de service ».
C'est un secret de polichinelle que la coalition de l'opposition dispose de deux prétendants sérieux: Léhadi Soglo et Adrien Houngbédji. L'un devra alors se sacrifier pour l'autre. Depuis plusieurs semaines, ces deux hommes se livrent une guerre de leadership sur le terrain. Arrivés respectivement en 2ème et 4ème positions lors de la présidentielle de mars 2006, Me Adrien Houngbédji et Léhadi Vinangnon Soglo ne ratent aucune occasion pour prouver leur leadership et leurs capacités à gérer les affaires de l'Etat. L'ancien président de l'Assemblée nationale et le 1er adjoint au maire de Cotonou, le 1er avec ses 25% et le second auteur de 10% des suffrages exprimés, constituent donc un casse-tête chinois, puisqu'ils sont appelés à faire « Un ». Alors que chacun d'eux a des ambitions à faire valoir. D'où des interrogations pertinentes sur l'avenir de ce protocole d'union. Il faut être honnête pour reconnaitre que politiquement, Houngbédji a plus de poids que Léhadi. S'y a donc un candidat qui part favoris dans cette course électorale primaire, c'est bien sûr le leader charismatique du Prd. Toutefois, Léhadi aussi est un « petit poisson » à craindre. Il ne faut pas également écarter la thèse selon laquelle Lazare Sèhouéto de Force clé pourrait rebondir dans les sondages. De toutes les façons, les jours à venir permettront de savoir à quoi s'en tenir.