L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
L’une des principales menaces qui pèsent sur les collectivités locales est l’instabilité des conseils communaux. Les tiraillements politiques qui naissent au lendemain de l’élection au forceps de plusieurs maires dressent le lit à diverses crises qui finissent par mettre en veilleuse les enjeux de développement à la base. Tels de vieux démons, les menaces de destitution planent un peu partout comme l’épée de Damoclès sur la tête des maires et plongent les conseils communaux dans un climat de tension permanente.
Après le premier quinquennat de l’expérience de la décentralisation qui a mis à nu les faiblesses de ce processus, celui en cours devrait permettre de corriger les dysfonctionnements et de ramener les élus locaux aux objectifs de cette réforme de l’administration territoriale. La loi échoit aux collectivités locales d’importantes compétences dans la recherche et la mobilisation des ressources financières indépendamment de celles que le pouvoir central leur affecte. Les grandes épines aux pieds des conseils communaux sont le manque d’ambition et l’absence de gestion participative qui permettent de fédérer toutes les énergies autour des enjeux économiques. Guerre d’intérêts, querelles de clochers sont les principaux maux qui minent l’administration locale et inhibent les chances de développement de nombre de communes aux potentialités économiques pourtant avérées.
En dépit des multiples opportunités qu’offre le processus de décentralisation aux acteurs à la base, les résultats dans l’ensemble du territoire national sont loin de combler les attentes. La plupart des communes continuent d’être gérées comme les anciennes sous-préfectures, ne comptant que sur le budget que l’Etat central met à leur disposition alors que la loi leur donne pleins pouvoirs d’aller capturer des ressources complémentaires. Ce sont-là les vrais écueils qui plombent l’envol économique au niveau du pouvoir local.
Mettre la politique au service du développement, tel devrait être le crédo de nos maires. Hélas, les atermoiements actuels engendrés par les déchirements et les contradictions internes mal gérés, constituent les facteurs limitants au développement à la base.
NP
Par : Bernadin MONGADJI