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L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

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Polémique autour du payement de salaire au chauffeur de Fagbohoun : Les clarifications du cabinet du Président Nago


Une polémique fait rage depuis un moment à l’Assemblée nationale. Elle porte sur un prétendu refus du Président, Mathurin Coffi Nago d’autoriser le paiement au chauffeur de l’honorable Séfou Fagbohoun de ses arriérés de salaire. Cette intoxication répandue par un des membres actuels du bureau du Parlement n’est qu’une manœuvre de plus de cette personnalité pour créer la confusion et des tensions inutiles au Palais des Gouverneurs.

Par : Arsène AMETOYONA

De sources proches du cabinet du Président de l’Assemblée Nationale, le Professeur Mathurin Coffi Nago n’a jamais refusé de faire payer les salaires au chauffeur du député Séfou Fagbohoun. « Cela n’a jamais été son intention. Au contraire, Mathurin Nago œuvre toujours et inlassablement pour l’amélioration des conditions de vie de tout collaborateur et de tout agent parlementaire », a-t-on tenu à clarifier. En effet, il s’agit selon les mêmes sources d’une question de procédure qui n’a pas été respectée dans le cas du chauffeur du député Séfou Fagbohoun et d’une mauvaise foi d’un membre du bureau du Parlement qui voulait payer indûment plus de deux millions de francs Cfa à un agent qui administrativement n’est pas connu de l’Assemblée nationale. En effet, ce chauffeur n’a jamais eu un contrat avec l’institution. Il n’a même pas fait l’objet de toute première étape de la procédure qui est la déclaration d’embauche à l’Assemblée nationale par le député utilisateur. Cae c’est de notoriété qu’à l’Assemblée nationale, tout député a droit à un chauffeur et à un garde de corps de son choix. Dès que le député choisit son chauffeur (le cas du garde de corps étant du domaine militaire), il informe le Président de l’Assemblée nationale à travers une correspondance dans laquelle il précise la date à laquelle l’intéressé a pris service. Ce n’est qu’après cela que le Président de l’Assemblée nationale instruit les services compétents pour l’établissement du contrat de travail qui engage l’agent en question. Mais bien avant le temps d’établissement de ce contrat, l’agent bénéficie d’une avance sur salaire qui est de quarante mille (40.000) francs Cfa par mois à partir de la date de son recrutement et de son utilisation effective. Dans le cas d’espèce, cette procédure n’a pas été respectée. L’honorable Séfou Fagbohoun n’avait jamais déclaré un chauffeur. C’est vrai qu’il n’a pas commencé la législature en avril 2007 avec ses collègues pour les raisons que l’opinion publique béninoise connait. Mais depuis qu’il a repris avec l’assemblée nationale en juillet 2008, il n’a adressé aucune correspondance au Président de l’Assemblée nationale lui signifiant le recrutement d’un chauffeur comme l’exige la procédure en la matière. En lieu et place du député Séfou Fagbohoun, c’est le Premier Questeur, Sacca Fikara qui, à travers la correspondance 0169/AN/Q du 10 août 2009, notifie au Directeur de la Questure que le sieur Sylvain Idohou Fagbohoun, titulaire de permis de conduire catégories B et D, est le chauffeur du député Séfou Fagbohoun depuis Avril 2007. Le Premier Questeur instruit par la même occasion le Directeur de la Questure et le Chef du Service Personnel de payer à Sylvain Idohou Fagbohou ses salaires à partir du mois avril 2007 jusqu’au 31 août 2009 et cela dans un délai de 15 jours au plus tard. Comme cela ne suffisait pas, il demande de prendre comme base une avance sur salaire de quatre vingt mille (80.000) francs Cfa au lieu de quarante mille (40.000) francs Cfa réglementairement établi à l’Assemblée nationale pour les chauffeurs et autres agents de même catégorie. Sur quel budget et à sur la base de quel contrat va-t-on payer les salaires de 2007 et de 2008 ? Et pourquoi c’est le Premier questeur, Sacca Fikara qui déclare le chauffeur de Séfou Fagbohoun et ce seulement le 10 août dernier, soit deux ans et quatre mois après ? Est-ce que le budget 2009 a prévu ce rappel à Sylvain Idohou Fagbohoun puisque les budgets exercices 2007 et 2008 étaient déjà clôturés ? Sur quelle base le Premier Questeur a chiffré l’avance sur salaire de ce chauffeur à 80.000 f au lieu de 40.000f ? Il s’agit là de quelques interrogations dont les réponses pourront bien démontrer que le Premier Questeur Sacca Fikara a fait montre de mauvaise foi puisqu’il connaît bien la procédure qui conduit à l’embauche d’un agent contractuel attaché à un député.

Le triomphe de la vérité

Suite à la demande du Président de l’Assemblée nationale d’avoir une lettre de Fagbohoun signifiant qu’il a recruté un chauffeur, c’est une correspondance en date du 14 juillet 2009 et signée du député d’Adja-Ouèrè qui a été produite. Mais elle n’est parvenue au secrétariat du Directeur de la Questure que le 25 août 2009 alors que le secrétariat du Premier Questeur atteste l’avoir reçue le 14 juillet 2009. Pourquoi avoir gardé ce courrier pendant au moins un mois avant de le sortir ? Par ailleurs, pourquoi le Premier Questeur avait-il déjà signé la première décision n° 0503-AN/PT/SGA/DQ/SF/SC/EPS du 25 août 2009 qui autorisait le paiement des salaires à tout le monde sauf le chauffeur de Séfou Fagbohoun avant de vouloir remettre en cause la procédure du paiement et demander d’initier une nouvelle décision prenant en compte un agent qui n’a pas de contrat avec l’Assemblée Nationale ? Le Président de l’Assemblée nationale, en l’absence de la lettre de Fagbohoun, ne pouvait pas prendre le risque d’autoriser un payement dans ces conditions. Il est si rigoureux sur les questions de procédure qu’envers lui-même, il a appliqué la même règle. Le jardinier du Président Nago, recruté il y a environ quatre mois, a été régulièrement déclaré et n’a commencé par percevoir les 40.000 F cfa d’avance sur salaire qu’à compter des deux mois derniers et non à compter d’Avril 2007. Le Directeur de la Questure et le Chef du Service personnel ont attiré l’ attention du premier questeur sur le vice de procédure qu’il voulait engager au point même où ils ont choisi de désobéir en refusant d’apposer leur paraphe sur la décision qu’il préparait à cet effet. En réalité, il y a eu un excès de zèle pour une situation qui aurait pu être réglée en toute sérénité sans ruse et sans compromission au bonheur des différentes parties.

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