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L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

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Présidentielle de 2011 : Que peuvent les FAC pour Boni YAYI ?


L’avènement sur l’échiquier politique national, il y a quelques mois, de l’alliance dénommée les Forces Agissantes du Changement (FAC), avait suscité beaucoup d’espoir au sein de la majorité présidentielle en même temps qu’elle a créé de l’émoi au sein de l’opposition, en raison de l’expérience et du parcours politique de la plupart de ses membres fondateurs. Passés les effets d’annonce et l’opération de charme, Idrissou Ibrahima, Candide Azannaï, Ali Houdou, Martin Dohou Azonhiho, Timothée Adanlin, Lionel Agbo peinent à prouver sur le terrain leur utilité pour la mouvance et leurs capacités réelles à faire des Fac un instrument de mobilisation des électeurs au bénéfice du Chef de l’Etat.

 

Par : Arsène AMETOYONA


Portée sur les fonts baptismaux en pleine crise politique nationale au premier trimestre de cette année 2009, l’alliance les Forces Agissantes du Changement (FAC) était apparue aux yeux de l’opinion, comme le viatique qui manquait alors à une mouvance présidentielle malmenée par divers blocs de l’opposition non déclarée. Idrissou Ibrahima, l’un des dignitaires de l’alliance naissante ne s’était d’ailleurs pas embarrassé de discours pour annoncer les couleurs de leur combat commun. « Nous serons des faucons et des aigles pour tous ceux qui saperaient les bases de notre démocratie en cherchant à déstabiliser le régime du changement », avait-il lancé en guise d’avertissement à l’opposition. Effectivement le parcours et l’expérience politique de chacune des figures de ce bloc pro-gouvernemental suscitent à la fois crainte, controverse et méfiance. En dehors de Lionel Agbo (plusieurs fois candidats à l’élection présidentielle), de Timothée Adanlin et de Candide Azannaï dans une moindre mesure, Ali Houdou, Martin Dohou Azonhiho et Idrissou Ibrahima, traînent derrière eux un passé d’activiste du Parti de la Révolution Populaire du Bénin (PRPB). En cela personne ne douterait de leur capacité de ‘’nuisance’’ en politique lorsqu’ils sont investis d’une mission. Dans l’ensemble, les six compagnons partagent le profil de tribun et de politicien carriériste qui avaient fini par ronger leurs freins à force d’attendre d’être casés quelque part. En politique, il vaut mieux avoir avec soi que contre soi des personnalités d’une telle réputation. C’est ce que le Président Boni YAYI a fait en acceptant la perche qui lui était tendue conformément à sa politique d’ouverture. Mais depuis la mise en place de cette alliance, en dehors de deux conférences ou communiqués de presse illuminés, les amis de Idrissou Ibrahima n’ont pas véritablement occupé la scène par rapport aux effets d’annonce. Pourtant, les sujets ne manquent point qui nécessitaient une prise de position politique de leur part. De faucons annoncés, les Fac sont devenues des agneaux inoffensifs absorbés par d’autres rêveries que l’essence qui est à l’origine de leur initiative. En l’absence de stratégies clairement édictées et de ligne directrice sur lesquelles devrait s’appuyer leur lutte aux côtés des autres forces de la majorité présidentielle, la navigation à vue au sein des Fac est plus qu’évidente.

 

Une guerre larvée interne


Les divergences au sein des Fac sont apparues au grand jour le samedi dernier à Porto-Novo, à l’occasion de l’Assemblée générale de l’Union pour la Majorité présidentielle plurielle (Umpp ). C’est au forceps que le tonitruant Idrissou Ibrahima a pu obtenir son poste de Vice-président de l’Union ; dès que son nom a été évoqué pour ce poste, il a reçu la contestation de certaines grandes figures de son alliance qui lui reprochaient de ne pas être assez représentatif pour mériter ce positionnement. En réalité, l’alliance couvait depuis quelque temps une crise interne et l’AG de l’Umpp n’a été que le coup de détonateur qui a mis au grand jour ce que les uns et les autres tentaient de dissimuler au Chef de l’Etat et à l’opinion publique. Il a fallu l’arbitrage de certaines personnalités pour faire triompher la carte du consensus de peur que l’Umpp ne démarre sur une crise de leadership. Dès lors, une question est devenue nécessaire : que peuvent en réalité les Fac pour Boni YAYI ? C’est par rapport à la réponse à cette interrogation que le public les jugera à l’avenir. Car à y voir de près, l’alliance n’a visiblement aucun chronogramme de travail et n’attend qu’un budget du leader charismatique sur lequel elle a jeté son dévolu pour faire mouche. En attendant cette perspective, chacun lutte pour être recasé au sein de l’appareil de l’Etat. Martin Dohou Azonhiho positionné au Port autonome de Cotonou se frotte déjà les mains. Les autres attendent impatients leur tour. Ainsi va la vie au sein des Fac.

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