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L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

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Polémique autour de la concertation du samedi dernier à la présidence : Ce qui s’est réellement passé

Des informations très persistantes ont fait état de ce que la séance du samedi dernier a été très houleuse et caractérisée par un pugilat manqué entre le syndicaliste Gaston Azoua et le Président de la Cour constitutionnelle, Maître Robert Dossou. Mais ce qui n’a pas été révélé au peuple est le contexte qui a suscité une telle réunion et les grandes décisions qui ont été prises.

C'est fondamentalement la montée au créneau des jeunes patriotes qui ont voulu apporter leur analyse de la situation socio-politique nationale qui a conduit à la concertation du samedi au palais de la présidence. En réalité, le Chef de l'Etat a pris cette décision importante au regard de l'interpellation des jeunes patriotes que représentaient Frédéric Béhanzin et El farouk Soumanou. Le rôle important des syndicats dans le développement économique du pays a été encore plus perçu car la grève déclenchée par le secteur des finances risquait d'avoir un impact sérieux sur les finances publiques. La paralysie de cette frange de l'administration allait être très préjudiciable à toute l'économie nationale.

Ayant pris la mesure de la situation et informé de la descente des syndicats sur le terrain, le Président Boni Yayi a voulu être plus conciliant. Il a voulu mettre chacun devant ses responsabilités tout en rappelant à chacun et à tous la partition à jouer pour la sauvegarde de la paix. Dans cet ordre d'idée, il a alors convoqué tous les présidents d'institutions et les syndicats en plus de quelques-uns de ses collaborateurs immédiats dans le rang des ministres. A cette séance, beaucoup de décisions ont été prises pour la relance des négociations entre gouvernement et syndicats.

Des décisions salvatrices

Si les négociations doivent reprendre ce jour entre le gouvernement et les syndicats à propos de certaines revendications, c'est bien parce que le Chef de l'Etat l'a voulu. Et pour y arriver, il a dû faire des concessions. En ce qui concerne la descente de l'Inspection générale d'Etat qui fait couler beaucoup d'encre et de salive, le Président Boni Yayi a donné des instructions pour que cette intervention de l'équipe de Alidou Koussé soit mise en veilleuse. Toujours dans l'intention de faire des concessions avec les syndicats, il a ordonné la réhabilitation des agents du ministère des finances qui ont été suspendus et qui ont écopé d'autres sanctions. En contrepartie, les syndicats ont accepté suspendre leur grève lancée. Ils ne devront pas aussi descendre sur le terrain comme c'était prévu pour démarrer ce lundi dans les différentes contrées du pays.

Pour apaiser les tensions et canaliser les ardeurs en vue d'une bonne gestion de la situation, le Chef de l'Etat a aussi demandé à tous ses partisans et autres personnalités qui luttent pour sa cause à ne plus faire des déclarations de façon tapageuse au risque de raviver la tension sur le terrain sociale et politique. Quand on fait le tour des concessions, on se rend aisément compte que la plupart des exigences qui constituaient la toile de fond de la fronde sociale qui couve sont prises en compte par le Chef de l'Etat. Ce faisant, l'homme prouve sa bonne foi de calmer le jeu et d'apaiser les uns et les autres qui profitent de petites situations pour jeter de l'huile sur le feu.

Elègbè, Kogui N'douro et Koupaki en mission

Le cadre de concertation a été également renforcé et bien élargie pour de meilleures négociations. En dehors des ministres habituels qui font partie de cette équipe, le Chef de l'Etat a préféré y adjoindre les ministres Issifou Kogui N'douro et Pascal Koupaki puis son conseiller spécial aux affaires politiques, Amos Elègbè. C'est dans cette nouvelle équipe qui augure d'une bonne ambiance de travail que font se faire les négociations entre gouvernement et syndicats. Elles démarrent d'ailleurs ce jour sous la houlette de ces différents ministres. Tout porte à croire que les données pourraient changer si chacune des parties respectait ses engagements. Car rien n'augure encore d'un avenir sombre pour les négociations si éventuellement les parties en face ne décident pas de remettre en cause les clauses de ce nouvel accord.

Cécil Ahouélété ADJEVI

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