L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Léonce Houngbadji
La nouvelle fait la une de plusieurs journaux béninois, depuis quelques jours. Il s’agit de la création imminente à Abomey du parti politique du député Eloi Aho de la 23ème circonscription électorale. Cette information est annoncée à grands renforts médiatiques. Pas plus tard qu’hier, certains journaux en ont fait leur chou gras, en confirmant la naissance très prochaine de ce nouveau-né dans le gotha politique national. Si cette information venait à être confirmée réellement, Eloi Aho n’aurait pas commis un péché de lest Majesté. Mais seulement, on se pose la question de savoir l’opportunité d’une telle démarche. Les annonces répétées sont-elles des appels de pied ou de véritables signaux forts à l’endroit de la mouvance présidentielle, donc du Chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi? Eloi Aho veut-il réellement créer son propre parti ou ces avertissements sont justes une manière de se faire entendre, de montrer au président de la République qu’il est toujours présent sur la scène politique? Voilà autant de questions qui commencent par trottiner dans les méninges depuis que la presse agite cette information qui reste encore à vérifier puisque le député n’a pas encore dit publiquement qu’il veut poser un tel acte. Pour certains observateurs de la scène politique nationale, cette information est à prendre avec beaucoup de pincettes, car Aho, même s’il a une forte popularité derrière lui dans le Zou, ne prendrait pas le grand risque d’aller jusqu’à créer un parti politique de trop.
« La chose est bien possible, mais je crois qu'il faut laisser le temps au temps », estime l'un d'eux. « A moins de deux ans des prochaines joutes électorales, notamment présidentielles et législatives, c'est normal que l'agitation gagne les états-majors politiques. La guerre des positionnements et de leadership sera au rendez-vous. Il faut donc comprendre les positions des uns et des autres. Eloi Aho est très influent à Abomey. S'il veut créer son parti, il n'a pas besoin de demander la permission à quelqu'un. Si l'idée est agitée, je crois qu'il faut être prudent », renchérit un autre observateur averti. Aux dernières nouvelles, on apprend de sources crédibles que contrairement à certaines allégations, aucun roi du Zou n'est prêt à soutenir cette initiative. De toutes les façons, les jours à venir permettront de savoir à quoi s'en tenir. Aho va-t-il faire comme Adambi, par exemple ? Wait and see.