L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
La présidentielle de mars 2011 enregistre déjà ses premières dérives politiques. Outre les militants et sympathisants des partis et mouvements politiques à la base, ce sont des leaders et responsables insoupçonnés de formations politiques qui s’illustrent malencontreusement dans des injures funestes et l’usage abusif et excessif des propos tendancieux et susceptibles de mettre en péril la paix chèrement acquise au Bénin. En témoignent les récentes sorties du couple Soglo de la Renaissance du Bénin (Rb) à Cotonou et à Abomey, les déclarations qualifiées d’incendiaires du ministre Nicaise Fagnon à Dassa-Zoumè sans perdre de vue celles du transfuge du G13, Rachidi Gbadamassi, lors de sa tournée d’explication et de sensibilisation dans le septentrion.
Par : Serge-David ZOUEME
La fièvre électorale précoce s’est-elle emparée des hommes et femmes politiques ? A dix-huit (18) mois de la consultation présidentielle de 2011, des propos menaçants et orduriers tenus çà et là sur le terrain par des acteurs politiques de différents camps et de diverses sensibilités portent à le croire. Les uns et les autres n’ont de cesse de se vitrioler et de faire des déclarations néfastes et grossières susceptibles d’hypothéquer la paix et la cohésion nationale. A preuve, respectivement à Abomey, de retour de Savalou pour la fête de l’Assomption et à Cotonou, dans le treizième arrondissement (Agla), devant les militants et sympathisants de la Renaissance du Bénin, le maire de la ville de Cotonou et leader charismatique du parti, Nicéphore Dieudonné Soglo et puis la présidente de la Rb, Rosine Vieyra Soglo, n’ont pu cacher leur instinct belliqueux. « Yayi veut casser le pays… », « …Nous ne lui ferons pas de cadeau… En 2011, ce sera une guerre… », ont-ils déclaré sans pour autant mesurer la teneur et la dangerosité de leurs propos et des conséquences graves qu’ils pourraient avoir sur la paix et la cohésion nationale. Et quand des propos aussi kamikazes émanent d’éminentes personnalités comme le couple Soglo, on devrait prendre peur et s’interroger sur l’avenir politique du Bénin à la veille de la prochaine consultation électorale. La conquête du pouvoir suppose-t-elle l’usage de la force ? Dans des pays politiquement enclavés et réticents au processus démocratique, cette assertion pourrait avoir force de loi. Suivez mon regard.
Le couple Soglo n’est pas le seul à être cité. On se rappelle encore des déclarations tendancieuses et à la limite révoltantes de l’actuel ministre des travaux publics et des transports, Nicaise Fagnon, à Dassa-Zoumè. Dans des propos à peine voilés, il semble interdire l’accès de la ville aux opposants pour battre campagne. « Plus jamais çà… », a-t-il martelé contre des jeunes qui manifestaient au profit de l’actuel Président de la Boad, Abdoulaye Bio Tchané, qui serait en lice pour 2011. Récemment, c’est le transfuge du G13, Rachidi Gbadamassi qui, lors de sa tournée d’explication et de sensibilisation dans le septentrion, a vertement dit aux populations qu’on veut diviser deux (2) frères du Nord pour ramener le pouvoir au Sud. Pire, lors de sa dernière sortie médiatique, Maître Adrien Houngbédji du Parti du renouveau démocratique (Prd), en répondant au Chef de l’Etat, l’a traité de « Fantôme ». Des propos, sans nul doute, funestes et incendiaires qui pourraient effriter les efforts de cohésion nationale en cours. Pour éviter le pire, des mesures hardies doivent être prises par les sages de la Cour constitutionnelle, garante de la paix et de la stabilité nationale, pour parer au plus presser. Car, plus jamais, le Bénin ne sera comme l’Afghanistan, encore moins la Tchétchénie.