L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Le renouvellement du comité exécutif de la FBF programmé pour le 24 août prochain prend de plus en plus l’allure d’une formalité au cours de laquelle la seule liste en lice présidée par Moucharafou Anjorin sera plébiscitée. Le projet conçu et minutieusement exécuté par Sébastien Adjavon est donc en passe d’aboutir. Mais, les acteurs du football et l’opinion publique qui ont applaudi des deux mains la réforme du football béninois ne maîtrisent pas tous, les implications des nouveaux textes et le contenu que lui donne le président du patronat.
Par : Sosthène SEFLIMI
Le juge William Kpakpassou s’est déclaré incompétent pour apprécier le différend porté à son appréciation. Les nouveaux textes issus de l’Assemblée générale du 08 août sont donc exécutoires puisque dans le cas d’espèce, les acteurs du football béninois n’ont pas à attendre sa promulgation. Le cadre juridique ne fait donc plus défaut pour le lancement de la réforme du football béninois. Sauf par extraordinaire, les élections auront lieu le 24 août prochain, telles que suggérées par la Fifa. Mais, la victoire inéluctable de la liste de Moucharafou Anjorin sera beaucoup plus le triomphe de Sébastien Adjavon. Les acteurs du football béninois qui voient en ce dernier, le messie si ce n’est le mécène qui a accepté mettre une partie de sa fortune au service de la réforme du football béninois, n’ont cependant pas une idée précise de la manière dont l’alchimiste procédera pour transformer les championnats nationaux amateurs de D1 et de D2 en des compétitions de haut niveau, pourvoyeuses d’emploi, génératrices de revenus et très prisées par les recruteurs. Selon les nouveaux textes, les championnats nationaux professionnels de D1 et de D2 seront gérés par la Ligue nationale de football et non la FBF. C’est un système calqué sur le modèle français où la Fédération ne s’occupe que de la sélection nationale. Moucharafou Anjorin qui, en 4 ans, ne s’est presque jamais intéressé personnellement à l’organisation rigoureuse du championnat, se trouve donc bien servi dans ce nouveau contexte. L’ancien vice-président de la FBF chargé des sélections nationales sous Martin Adjagodo, est resté spécialiste des Ecureuils, à son avènement à la tête de la FBF. Or, les sélections nationales qui relèvent du patrimoine national et qui sont d’ailleurs gérées par la FBF par délégation de pouvoir, ne sont pas concernées par la fameuse réforme du football béninois. Le président de la FBF dans le nouveau système sera donc à l’image d’un roi qui ne gouverne pas.
Quand Adjavon contrôle les championnats professionnels
Sébastien Adjavon est indubitablement le grand bénéficiaire du système dont il a suscité et aidé à la mise en place. L’homme d’affaires guidé par son flair, est allé au football non pas pour faire du social mais pour y investir et en tirer profit. Et, puisque c’est lui qui désigne le Président de la Ligue nationale de football, les championnats nationaux seront organisés et gérés selon sa vision. Il a habillement réussi à faire dissimuler cet aspect des choses en faisant apparaître la course au perchoir de la FBF comme une classique lutte d’intérêts entre Bruno Didavi et Moucharafou Anjorin. « Heureusement ou malheureusement, je suis arrivé à un stade où je ne peux plus travailler sous quelqu’un ». C’est à peu près en ces termes que Sébastien Adjavon a expliqué sur le plateau d’une télévision béninoise privée qu’être ministre n’est pas de ses ambitions. C’est dire qu’il ne s’est pas donné ce mal pour se retrouver aux ordres de Moucharafou Anjorin, président de la FBF. Les acteurs du football béninois ont longtemps souhaité que le patronat s’intéresse à la discipline de leur passion. Ils sont à présent servis au paroxysme. Pourvu que les ambitions de l’homme d’affaires ne se réalisent pas au détriment de la réalisation des vœux de la grande masse.