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L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

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Actions syndicales et conviction politique : Le dilemme des syndicalistes


Les libertés syndicales sont reconnues par l’Organisation internationale du travail (OIT) et aucun Etat ne peut entraver cet acquis. Au même moment, l’Oit ne dénie pas aux responsables syndicaux leur conviction politique. Il revient aux syndicalistes de faire la part des choses et éviter de semer la confusion. Ce qui n’est pas toujours le cas.

Par : Matini MARCOS

Les textes de l’Organisation internationale du travail font la part entre les libertés publiques les droits des travailleurs. Tous les pays signataires dont le Bénin ont l’obligation de respecter la convention, c’est-à-dire ne pas entraver les libertés publiques et les droits fondamentaux des travailleurs.Mais, de plus en plus, il est constaté de la part des pays signataires de la convention, la violation des libertés publiques et des droits des travailleurs. De la même manière, l’Organisation internationale du travail (OIT) défini le cadre dans lequel les responsables de la défense des libertés et droits fondamentaux des travailleurs, communément désignés sous le vocable « syndicalistes », doivent exercer. Il est dit que le syndicaliste, qui au paravant est citoyen comme les autres citoyens a le droit de militer dans un parti ou mouvement politique. Seulement, celui-ci a la lourdre tâche de faire la part des choses, pour ne s’en tenir qu’aux revendications syndicales, c’est-à-dire défendre les libertés et les droits des travailleurs, veiller à ce que les conditions de travail et de vie des travailleurs s’améliorent. Par contre, toute revendication d’ordre politique constitue une dérive à laquelle, malheureusement, on assiste de plus en plus dans les pays en voie de développement dont le Bénin. Conséquence : les syndicats sont parfois manipulés et les objectifs syndicaux détournés à des fins politiques. Les syndicalistes, dans le cas d’espèce, au regard des textes de l’OIT, ne sont pas habilités à réclamer la démission d’un Président de la République ou se subtituer à la classe politique de leur pays.

Le cas du Bénin

Les libertés syndicales au Bénin sont très avancées comparativement à plusieurs pays de la sous-région et même de l’Afrique. Un dynamisme qui a été légèrement mis à mal quand certains responsables syndicaux affichent leur conviction politique au point où il est difficile de faire la démarcation entre le syndicalisme et la politique. L’affaire CEN-SAD relative à la gestion du 10eme sommet de la CEN-SAD au Bénin, bien que douleureuse pour un peuple qui se débat vaille que vaille contre la pauvreté que les pouvoirs publics n’arrivent pas à réduire, a permis cependant de révéler la face cachée des syndicats. En effet, le Président de la République, Boni Yayi, ayant le sentiment que quelque chose lui échappait dans ce dossier, a d’abord commis l’Inspection générale d’Etat (IGE) qui a révélé des malversations financières, et mis ensuite sur pied une commission d’enquête indépendante pour mieux situer les responsabilités et lui permettre de sanctionner tous les mis en cause sans exception. Ce dossier de malversations était une occasion pour les partis de l’opposition de rebondir. La fausse note est venue du fait que certains responsables politiques et députés ont eu des rencontres avec des responsables syndicaux afin de leur apporter, soit disant, leur soutien. A partir de ce moment, la collusion entre les deux parties, a vite fait de déteindre sur la lutte syndicale au point où certaines revendications syndicales sont perçues par le pouvoir en place comme du militantisme politique. Pour la crédibilité de l’action syndicale, une clarification s’impose et obligation doit être faite aux responsables syndicaux, en dépit de leur conviction politique, de faire une nette démarcation.

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