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L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

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49ème anniversaire de l’indépendance du Bénin : Qu’est-ce qui a véritablement changé ?


A la veille de la célébration du 49ème anniversaire de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale, une question s’impose. Qu’est-ce qui a véritablement changé après près de cinq décennies d’indépendance ? En dépit de la volonté manifeste des différents régimes qui se sont succédé au pouvoir depuis le 1er août 1960 jusqu’à nos jours, les grands défis pour sortir l’ex Dahomey de sa situation peu enviable de pays pauvre très endetté restent intacts. 49 ans après le 1er août 1960, la pauvreté, la faim et le chômage n’ont pas encore trouvé de redoutables adversaires.

Par : Serge-David ZOUEME

49 ans après son accession à la souveraineté internationale, le Bénin reste toujours un pays pauvre avec une économie faible qui ne lui permet pas encore de s’affranchir du joug des institutions de Bretton Woods. Les différents régimes qui se sont succédé au pouvoir ne sont pas parvenus à résoudre le crucial problème de développement. De 1960 à 1972, l’instabilité politique du Dahomey d’alors malmené par une vague de coups d’Etat, a fini par compromettre les nobles ambitions nourries au lendemain de l’indépendance. Les rivalités politiques ont tué pour ainsi dire un pays qui pouvait compter sur des ressources humaines de qualité dans une Afrique alors en friches. Mais hélas, le désenchantement a été très grand. L’espoir né du coup d’Etat du 26 octobre 1972 sera vite étouffé par une option politique qui a conduit progressivement le pays dans l’impasse totale. Là encore, la Révolution sous la lumière du marxisme-léninisme comme idéologie nationale a été sanctionné par échec et mat avant de tomber dans l’agonie avec la chute du mur de Berlin dans les années 89. La faillite de l’Etat a été consacrée et les mouvements sociaux nés de la cessation de paiement des salaires aux agents permanents de l’Etat avaient fini par sonner le glas d’un régime qui a montré ses limites. Puis vint le renouveau démocratique après la parenthèse de la conférence des forces vives de la nation de février 1990. Un nouvel espoir naît ; l’Etat qui venait de loin est relancé. Le Bénin regagne la confiance des partenaires au développement et l’économie est mise à flots sous la houlette du président Nicéphore Soglo. Hélas, cette euphorie ne durera que cinq ans. Nicéphore Soglo perd l’élection présidentielle de mars 1996 battu par le Général Mathieu Kérékou qui reprend les rênes du pouvoir. Une nouvelle descente aux enfers au plan économique commence pour le Bénin. La corruption, le détournement des deniers publics, la chute vertigineuse du taux de la croissance et l’enlisement économique après deux mandats du général. L’héritage était lourd pour son successeur. Aujourd’hui, le régime du changement tourne une nouvelle page de l’histoire du Bénin avec un Chef d’Etat animé d’une volonté manifeste de faire bouger les choses. Mais les obstacles sont là. La corruption et le détournement sont encore têtus dans l’administration publique. Boni YAYI après trois ans au pouvoir semble avoir pris la mesure des défis.

Boni YAYI et son défi de l’émergence

En effet, à la veille de son accession au pouvoir, le Président Boni Yayi a vertement exprimé son intention de faire émerger le pays à travers un plan de développement clairement défini. La politique des grands travaux, l’assainissement des finances publiques et l’ambition de faire du Bénin un pays prospère au grand intérêt des populations ont été annoncés à grand renfort médiatique. Un (1), deux (2), trois (3) ans de gestion du pouvoir et des affaires de l’Etat, beaucoup reste à faire. Quant aux prouesses du régime actuel, des efforts importants ont été consentis dans plusieurs domaines pour accélérer le développement. C’est ainsi que dans le secteur économique, il a été décidé de l’exonération sur l’importation de plusieurs produits de grande nécessité, la politique de la mécanisation agricole est en cours, la construction des infrastructures publiques et socio-communautaires se poursuit en dépit des difficultés administratives, les grands travaux (passages supérieurs, échangeur, routes inter-Etat…) se réalisent pour le bonheur des citoyens. D’autres chantiers sont ouverts ça et là pour accompagner la croissance économique, la prospérité et le développement tant souhaité depuis 49 ans. A côté des prouesses, on déplore la politisation à outrance des débats essentiels qui devraient faire avancer le pays. Les guéguerres politiques entre « mouvanciers » et « opposants » se vicient au détriment de l’intérêt général des populations, la gouvernance économique a pris un coup avec la multiplication des actes de corruption. La cohésion sociale tend à être hypothéquée, la tension sociale s’amplifie, les demandes des citoyens deviennent de plus en plus fortes, l’immoralité a pris le pas sur la vertu. La liste n’est pas exhaustive. A moins de deux (2) ans de la prochaine élection présidentielle, le régime Yayi doit accroître ses efforts pour offrir des conditions les plus décentes aux travailleurs et citoyens et montrer que l’émergence économique du Bénin est possible.

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