L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Les populations de Bassila ont manifesté mardi dernier contre le régime du changement. A l’origine, des promesses qui ne seraient pas tenues. Mais de nos recoupements, il ressort qu’il y a des mains invisibles derrière cet acte. Les populations des localités de Pénéssoulou et d’Alédjo dans la commune de Bassila seraient fâchées contre le président de la République sous prétexte qu’il n’aurait pas respecté ses engagements vis-à-vis de la commune. Et pour manifester leur colère « noire », elles ont décidé de barricader à l’aide de troncs d’arbres la voie inter-Etat Bassila-Cotonou.
C’était dans la matinée du mardi dernier. Difficile de circuler librement dans tous les sens. Dans leur motion de protestation lue au maire de Bassila qui a effectué le déplacement de Pénéssoulou, les populations reprochent au président Boni Yayi, le non respect de la plate forme programmatique 2006 pour laquelle il s’est engagé et qui a convaincu les populations de Bassila à lui accorder 95% de leurs suffrages.
Elles lui reprochent également le non respect de la mémoire de feu Issifou Ahmed Akobi pour qui il aurait promis la construction d'un mauselée en sa mémoire. Selon les manifestants, le chef de l'Etat a fait des décorations sans penser à feu Ahmed Akobi qui aurait pu être décoré à titre posthume pour avoir bataillé pour l'avènement du changement au Bénin. " Nous continuons d'entretenir et de construire nos routes à l'aide de nos dabas et pioches, tandis que des milliards sont investis dans des localités hostiles à ses actions.
Depuis l'avènement du changement, les populations de Bassila et celles de Pénéssoulou et d'Alédjo n'ont bénéficié d'aucune infrastructure. Qu'avons-nous fait pour mériter un tel mépris », se sont-elles demandées. Face aux menaces persistantes des manifestants, le maire de Bassila a dû faire preuve de diplomatie afin de les dissuader. La route n'a été finalement libéré qu'après 12 heures, a constaté notre correspondant dans la région.
Après cette trouble à l'ordre public, puisqu'il y avait eu des débordements sur le terrain, la question qui mérite d'être posée est de savoir celui qui a bien pu manipuler les pauvres populations pour qu'elles puissent avoir le courage de bloquer une voie inter-Etat. Au cours de leur manifestation, elles étaient très à l'aise. Elles n'avaient même pas peur de la présence très remarquée des forces de l'ordre et de sécurité publique. N'eût été la vigilance du maire de Bassila, elles allaient les défier, et le pire allait peut-être arriver. Depuis l'avènement du Dr Boni Yayi au pouvoir, cette commune du septentrion n'a jamais montré ce visage. Pourquoi c'est à moins de deux ans de la fin du mandat présidentiel que les populations trouvent à revendiquer ? Dans leur commune, il y a quand même des représentants ou des gens sensés être très proches du Chef de l'Etat.
Si tant est que les supposés engagements pris lors de la campagne électorale présidentielle de mars 2006 (qui n'engagent d'ailleurs que ceux qui y croient) ne sont pas respectés, pourquoi ils ne saisissent par ces personnes afin que leurs appels soient entendus par l'autorité ? Barricader la voie publique et lancer des slogans hostiles au pouvoir n'est pas la solution idéale pour se faire entendre et comprendre. En agissant ainsi, les populations ont plutôt tiré à terre. Qui va encore les prendre au sérieux ? Les places publiques ne sont pas faites pour des réclamations politiques. Ont-elles demandé à rencontrer au moins le président de la République pour lui exprimer leurs préoccupations ? Visiblement non. Il faut qu'elles arrêtent donc leur scénario. Même feu Issifou Ahmed Akobi ne sera pas d'accord avec elles. Ce qui est sûr, ce n'est pas un acte gratuit qu'elles ont posé. Les jours à venir permettront de connaître les dessous de cette manifestation.