L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
L'un des fondements de la démocratie est l'alternance au pouvoir. Cette alternance s'impose aussi bien au sommet de l'Etat qu'au niveau de ses structures décentralisées. De ce point de vue, les organisations syndicales se doivent également d'organiser l'alternance au niveau de leur direction.
Pourtant, et malheureusement, cette régie d'or de la démocratie n'est pas toujours observée aussi bien par certains syndicats de base que par certaines centrales syndicales. La conséquence est qu'on a aujourd'hui des responsables syndicaux qui hurlent, vocifèrent alors qu'ils ne représentent plus rien.
Les cas les plus frappants concernent les responsables syndicaux qui sont déjà admis à faire valoir leurs droits à la retraite mais qui continuent à diriger des organisations syndicales. Comment peut-on, de son fauteuil de retraité, continuer à appréhender comme cela se doit les préoccupations des travailleurs? En clair, un responsable syndical qui est admis à la retraite perd son mandat de représentativité. Dans ce registre, il y a, par exemple, Pascal Todjinou et Gaston Azoua, qui continuent de diriger des organisations syndicales alors qu'ils sont déjà à la retraite.
L'autre cas concerne ceux des responsables syndicaux dont le mandat est arrivé à terme mais qui refusent délibérément d'organiser une assemblée générale élective pour remettre en jeu leur mandat. Evoluant ainsi dans une parfaite et totale illégalité. Comme par hasard, c'est encore eux qui font le plus de bruit sur le terrain.
Dans un cas comme dans l'autre, on a le sentiment que diriger une organisation syndicale est si "juteux" que les responsables syndicaux s'y accrochent. Oubliant parfois ou souvent, soit que leur mandat est arrivé à terme, soit qu'ils sont déjà des retraités, donc indignes de continuer à représenter des travailleurs encore en activité.
Et lorsque ces responsables syndicaux clament que la démocratie est en danger, on a bien envie de leur répondre qu'ils ont parfaitement raison puisqu'ils sont eux-mêmes des antidémocrates notoires. Autant le gouvernement est condamnable pour avoir empêché la marche des travailleurs, autant il est à regretter qu'au nombre des organisateurs de cette marche, il y a des retraités et des responsables en fin de mandat.
P.LOGBO