L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
La récente sortie médiatique de l’ex-ministre de la communication de Kérékou continue de faire couler assez d’eau sous le pont. Autant il suscite l’émoi au sein de l’opinion, tant il appelle des vives réactions dans le camp présidentiel. De même beaucoup de Béninois retiennent que Gaston Zossou n’a pas été du tout tendre vis-à-vis du régime du Dr Boni Yayi. Hormis le Programme de micro-crédits aux plus pauvres qu’il a gobé en portant néanmoins des gants, Gaston Zossou considère que nous avons atteint le degré de la pourriture au sommet de l’Etat au regard du dossier Cen-Sad.
A ses yeux, le peuple a été floué par les dirigeants actuels. Par rapport aux infrastructures dont la construction embellie la ville, le présumé messager de l’opposition non déclarée composée des G et F a versé dans une stratégie de récupération politique pour avoir dénié le droit de son initiative au régime actuel. En termes clairs, il a dit que la planification de ces ouvrages date de régime Kérékou. Or, le dernier des plus analphabètes sait que l’Etat est une continuité et que planifier est une chose mais réaliser est une autre. Nul n’a besoin de faire de la psychanalyse savante ou empirique pour le percevoir. Mais chose spectaculaire pour les Béninois, Gaston Zossou est l’un de ceux qui ont estimé en 2006 que le Dr Boni Yayi incarne mieux l’alternance crédible.
Paradoxe
Ce paradoxe vient du revirement de l’homme vers l’opposition. Laquelle encore. Une opposition officieuse, qui n’a pas eu la témérité nécessaire de se déclarer officiellement. Alors qu’il a contribué à l’avènement du régime du changement. A ce niveau, ce n’est l’ombre de doute que le peuple béninois l’a exigé pour marquer une rupture avec les anciennes pratiques politiques. « Politiki zanzanton, mi djii» , adieu la politique politicienne. En effet depuis avril 2006, tout homme politique qui ose ramer à contre courant par rapport à la nouvelle donne, celle qui consiste à faire des propositions alternatives constructives pour le développement du pays est vite confronté au sentiment réfractaire émanant du peuple. Critiquer pour le plaisir de critiquer était déjà considéré comme révolu. Malheureusement ce ne fut guère le cas de Gaston Zossou. Il s’est prêté à un engrenage fait de théorie creuse. En dépit du titillement des journalistes, il a su tenir bon jusqu’au bout.
Cela témoigne de sa verve que les Béninois appréciaient dans le temps. C’est en un mot à l’actif de son palmarès panégyrique. C’est bien beau en plus. Mais toujours est-il qu’il a passé le clair du temps de l’émission pour laminer le pouvoir Yayi sans lâcher la moindre bribe de proposition alternative claire. La posture de donneur de leçon qu’il a adoptée l’a décrédibilisé qu’il n’y a 5 ans. Ceux qu’ils prétendent défendre aujourd’hui si tant sont de vieux politicards en panne d’inspiration, regroupés au sein d’une alliance aux intérêts antagonistes. Tant le peuple à 75% a tôt fait de les désavouer. Accepter donc de jouer ce vilain rôle serait en rajouter à leur perte de vitesse. L’opinion se demande si Gaston Zossou n’est pas ainsi embarqué dans une mission ambiguë. Le débat reste ouvert.
Folakè AYECHORO