L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Le projet de marche des syndicalistes, hier, a-t-il vraiment été interdit ? Si oui, par qui ? Le Président de la République a-t-il la charge de décider si oui ou non une marche doit avoir lieu ou non dans un régime démocratique ? C’est pour couper court aux intoxications actuellement distillées dans l’opinion que le Ministre de l’intérieur et de la Sécurité Publique a fait hier une mise au point diffusée par la télévision nationale.
Par : Arsène AMETOYONA
Le combat politique même s’il se déporte de façon impromptue et intéressée sur le terrain politique ne doit pas faire feu de tout bois. Voilà la leçon que l’on peut tirer, en substance, de la déclaration faite hier par le ministre de l’intérieur et de la sécurité publique, Armand Zinzindohoué, au sujet de l’intoxication mise en œuvre depuis quelques jours par les responsables syndicaux béninois au sujet de la marche qu’ils avaient prévu d’organiser, hier à Cotonou. Depuis la fin de la semaine dernière, les patrons des centrales syndicales, alors qu’ils avaient reçu une lettre signée du Secrétaire Général de la Mairie de Cotonou, en date du 17 juillet 2007, et une du Préfet des départements du Littoral et de l’Atlantique les informant que la marche ne pouvait pas avoir lieu ce mardi 21 juillet, Gaston Azoua, Pascal Todjinou et autres Dieudonné Lokossou, ont commencé à sillonner certaines rédactions de la presse et des télévisions pour faire passer l’idée selon laquelle c’est le Président de la République, le docteur Boni Yayi qui aurait donné l’ordre d’interdire leur marche. Poussant aussi loin que possible l’intoxication, les syndicats, dans leur tentative ratée de forcer l’organisation de cette marche, hier, disaient dans certaines rues de Cotonou que c’est le Chef de l’Etat qui a interdit leur marche. Or, d’après nos informations, en réalité, l’organisation de cette marche n’a pas reçu l’autorisation, ni du maire de la Ville de Cotonou, ni du Préfet du Littoral et de l’Atlantique, pour des raisons purement d’organisation technique de l’encadrement de la manifestation et probablement aussi en raison du lien que ces syndicats ont voulu faire entre leur protestation et le dossier CEN-SAD qui n’a rien à voir avec des manifestations de travailleurs. C’est donc pour couper court à ces mensonges, stratégies d’intoxication provenant des syndicats que d’aucuns estiment être tenus en laisse par des adversaires politiques du régime en place que le ministre de l’intérieur a tenu à mettre les points sur les « i » en disant de façon claire et nette, hier dans ses bureaux du Boulevard Jean-Paul II, que le « Docteur Boni Yayi n’a interdit aucune marche, et que le ministre de l’intérieur non plus n’a interdit aucune marche ». Selon les textes en vigueur en la matière, il appartient au Maire et au Préfet d’apprécier la demande. Pour cela, ces autorités ne recourent pas à l’arbitrage du Chef de l’Etat.. C’est pourquoi le Gardien en Chef de la sécurité béninoise a tenu à rassurer toute l’opinion nationale en martelant que « sous le régime du docteur Boni YAYI, aucune liberté démocratique garantie par la Constitution de notre pays ne connaîtra de restriction ». Armand Zinzindohoué a terminé en disant que si demain, après demain, ou la semaine prochaine, les syndicats obtiennent l’autorisation d’organiser leur marche, ils pourront le faire tranquillement car, à ce moment là la sécurité sera garantie à travers l’encadrement de cette manifestation libre par les forces de l’ordre pour éviter d’éventuels débordements. Il est donc temps que cesse le syndicalisme politique au fort relent d’intoxication.