Léonce HOUNGBADJI
En matière de gestion des questions liées à l'inondation au Bénin, notamment à Cotonou, le leader non éclairé du Parti du renouveau démocratique (Prd), Me Adrien Houngbédji, n'a aucune leçon à donner à qui que ce soit, encore moins au Chef de l'Etat, le Dr Boni Yayi, l'adversaire qui l'avait terrassé, voire pulvérisé en mars 2006. Et pour cause!Lors de sa dernière sortie médiatique, l'ancien premier ministre du Général Mathieu Kérékou, Me Adrien Houngbédji, a osé affirmer que le gouvernement du Changement est passé à côté de la plaque dans la lutte contre l'inondation au Bénin, surtout à Cotonou où il estime qu'il n'a pas de vision prospective, un plan de sauvetage, afin de secourir les populations sinistrées. «Gouverner, c'est prévoir. Il ne faut pas attendre la saison des pluies pour commencer par courir dans tous les sens. Je serais à la place du gouvernement que je prendrais déjà les mesures qui s'imposent avant même le démarrage des pluies», a laissé entendre «Hagbè», avant d'exprimer un semblant de compassion «à l'endroit des populations victimes des inondations, à l'endroit des victimes d'une politique de santé irresponsable, à l'égard de tous ceux qui souffrent parce que leurs conditions de vie sont devenues encore plus précaires sous le régime du changement alors qu'ils... Aussi longue que soit la nuit...C'est un message d'espoir que j'adresse aux uns et aux autres.» En décryptant ce message, on se rend compte aisément que Houngbédji avait effectivement raté sa cible à l'occasion de cette conférence de presse filtrée.
C'est vrai que gouverner, c'est prévoir. Mais sur le terrain de la vision prospective de développement, il est très mal placé pour se transformer en donneur de leçon. Il a été maire de sa ville natale, Porto-Novo. Qu'avait-il fait dans le temps pour épargner la capitale politique et administrative de notre pays des affres de cette inondation. Vivre aujourd'hui à Porto-Novo, c'est de la mère à boire, du simple fait des mauvaises politiques mises en œuvre par les anciens dirigeants de la mairie. Profitant de la dernière visite du Chef de l'Etat dans la capitale, le maire Océni Moukaram du Prd n'est pas allé par quatre chemins pour les dénoncer, y compris son propre leader politique.
Dire aujourd'hui que le gouvernement est pris en otage par le phénomène de l'inondation à Cotonou, Abomey-Calavi, Porto-Novo et Sèmè-Kpodji, c'est prendre les Béninois pour ce qu'ils ne sont pas: des moutons et des marchandises que le Prd et ses sbires peuvent facilement acheter comme ils l'entendent.
La leçon de vie
Si Houngbédji était si prévoyant, son propre village ne serait pas sous l'eau actuellement. Les Porto-Noviens sont devenus subitement des batraciens, face à l'impuissance de leurs autorités qui sont obligées de jouer les prolongations, en attendant la fin des pluies diluviennes. Et c'est ce même Houngbédji qui veut donner des leçons au pouvoir central qui ne l'a pas attendu avant de déclarer officiellement l'Etat d'urgence et solliciter de façon pressante, l'aide de la communauté internationales aux fins de prévenir les épidémies, soulager la souffrance des populations sinistrées et rétablir sans délai, le retour à la normale. Le président du Prd a donc la mémoire très courte. Si la critique est aisée, mais l'art difficile. «Pourquoi regardes-tu le brin de paille qui est dans l'œil de ton frère, alors que tu ne remarques pas la poutre qui est dans le sien...
Comment peux-tu dire à ton frère: laisse-moi enlever cette paille de ton œil, alors que tu as une poutre dans le tien? Hypocrite, enlève d'abord la poutre de ton œil et alors tu verras assez clair pour enlever la paille de l'œil de ton frère.» C'est la leçon de vie que les Saintes Ecritures ont laissé à la race des vivants pour montrer que ceux qui se donnent une apparence de saints alors même qu'ils ont des dessous sales doivent apprendre à modérer leurs ardeurs quand il s'agit de pointer l'autre d'un doigt accusateur et le peindre totalement en noir. Au demeurant, il faut que Houngbédji apprenne à se taire, après avoir montré ses limites.