L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
La traditionnelle réception de l’Ambassadeur de France le 14 juillet a été pour Hervé Besancenot, chef de la mission diplomatique française au Bénin, de célébrer l’excellence des relations entre son pays et le Bénin. Il a particulièrement mis l’accent sur les dernières réalisations de la coopération franco-béninoise. Extraits du discours de l’Ambassadeur.
1. Dans un premier temps, je voudrais, actualité oblige, évoquer devant vous la crise mondiale qui nous a surpris par son ampleur. En effet, cette crise venue du nord ne s’est pas arrêtée à la frontière du Bénin et ses effets commencent à se faire sentir avec plus ou moins de gravité selon les secteurs. Elle nous concerne tous, Béninois comme Français résidents au Bénin. Mais vous le savez, les politiques conduites dans notre pays, la mobilisation des fonds et des ressources par le gouvernement pour atténuer les effets de cette crise, et la solidarité nationale dont nous savons faire preuve, permettent néanmoins de penser que notre pays supporte cette épreuve mieux que d’autres. Il est permis d’espérer que dans les mois à venir, puissent se confirmer les signes de la reprise de la croissance attendue à compter de 2010.
1.2. Par ailleurs, au Bénin comme dans tous les pays de la sous-région, les effets de cette crise se sont fait également sentir.
1.2.1. En moyenne, le taux de croissance attendu dans ces pays en 2009 sera de l’ordre de 3%, 4% au Bénin, soit beaucoup plus que les taux souvent négatifs constatés en Europe, mais très insuffisants si l’on considère les besoins en développement.
1.2.3. Je souhaiterais citer en particulier le cas du secteur de l’éducation primaire, qui est a la base de toute la construction sociale. A travers l’Agence française de développement, la France a apporté une contribution significative à l’initiative fast-track et initié un programme « Education pour tous » d’un montant de 16 millions d’Euros, qui a contribué à la construction de 108 salles de classes et de trois écoles normales d’instituteurs. J’ajoute que l’ambitieux programme de construction de 12 écoles dites pilotes, soit une par département du Bénin, est en voie d’achèvement. Ces écoles d’un genre nouveau seront mises à disposition à la prochaine rentrée scolaire. Elles constituent une avancée remarquable dans l’amélioration qualitative de l’enseignement au Bénin. Il nous est revenu à cet égard que le ministre KOUCHNER envisage de procéder à l’inauguration de l’une de ces écoles pilotes, à l’occasion d’un séjour qui pourrait avoir lieu a l’automne prochain. Chers amis,
2. La forte relation entre la France et le Bénin a été cette année tout particulièrement célébrée avec une nouvelle visite de travail en France du Président Boni YAYI, qui s’est déroulée du 20 au 29 avril 2009, puis le mois suivant du Ministre d’Etat béninois chargé de la Défense Nationale.
2.1. La visite du Président Boni YAYI a été l’occasion d’une rencontre avec le Président SARKOZY au stade de France, rencontre à la fois conviviale et inédite, puisque c’était la 1ere fois qu’un chef d’Etat africain était invité par le Président français à une manifestation sportive. Elle a par ailleurs permis des échanges utiles sur la relation bilatérale. Le Président Boni YAYI a également mis a profit son séjour en France pour rencontrer de nombreuses personnalités françaises, en particulier :
- M. Eric BESSON, successeur de M. Brice HORTEFEUX dans ses fonctions de Ministre de l’Immigration et du Développement Solidaire, avec lequel a été abordée la mise en oeuvre de l’accord signé en novembre 2007 à Cotonou et qui comporte notamment un important volet santé. A cet égard, le ministre BESSON devrait se rendre au Bénin au cours du 2eme semestre 2009 pour la pose de la 1ere pierre de l’extension de l’hôpital de Djougou, géré par l’ordre de malte, et qui abritera le scanner financé par le ministère du développement solidaire (valeur 1,6 M. Euros).
- Le Président Boni YAYI a également reçu M. Luc CHATEL, alors Secrétaire d’Etat à l’Industrie, avec lequel a été abordé l’impact de la crise financière sur le Bénin et de l’aide de la communauté internationale à ce pays, en particulier a l’issue de la réunion du G8 à Londres. Rappelant la priorité qu’il accordait à l’agriculture, le Chef de l’Etat béninois a souhaité des mises en contact avec des groupes français de ce secteur, comme par ailleurs du domaine de l’énergie et du secteur informatique.
- Le développement de l’agriculture a été également au menu des entretiens avec M. Alain JOYANDET, Secrétaire d’Etat à la Coopération, qui a fait part de la création du fonds d’investissement agricole pour l’Afrique, doté d’un capital initial de 100 M. Euros, et qui pourrait progressivement atteindre 500 M. Euros.
- Enfin, le petit-déjeuner au siège du MEDEF, en présence d’une quarantaine de représentants de sociétés françaises, a permis au Président Boni YAYI et au Ministre d’Etat en charge du Développement, M. KOUPAKI, de rappeler la nouvelle dynamique engagée dans le budget 2009 en direction du secteur privé et de la décentralisation. Outre l’accent mis sur l’agriculture, la question du développement des infrastructures a été longuement abordée : le port de Cotonou avec la mise en oeuvre du programme MCA, dans lequel les entreprises françaises sont fortement impliquées (VINCI, BOLLORE, BOUYGUES), la construction du nouvel aéroport de Parakou (COLAS), la rénovation du chemin de fer en liaison avec les projets d’acheminement futur de l’uranium d’Imouraren (AREVA), la construction en cours d’une nouvelle cimenterie qui devrait doubler la capacité de production du Bénin dans ce secteur, la privatisation prochaine de la société nationale de Telecoms, les perspectives de développement touristique, etc.
2.2. Moins d’un mois après la visite présidentielle en France, c’est l’importante coopération militaire franco-béninoise qui a été mise a l’honneur avec la visite en France, du 12 au 15 mai 2009, du ministre d’Etat béninois, chargé de la défense nationale, M. KOGUI N’DOURO, qui a été reçu par son homologue français, M. Hervé MORIN, ainsi que par le Chef d’Etat Major particulier du Président de la République et le Directeur de la Coopération de Sécurité et de Défense du ministère des Affaires étrangères. Le ministre béninois a souhaité un renforcement de la coopération militaire française qui pourra prendre la forme d’un accompagnement de ses nouveaux programmes d’acquisition de matériels. Les perspectives de marché paraissent en effet prometteuses pour les entreprises françaises (THALES, OCEA, EUROCOPTERE, ACMAT, AEROZUR). Cette visite s’est révélée un véritable succès, de telle sorte qu’est prévu un déplacement au Bénin du Ministre français de la Défense Nationale a l’automne prochain. Dès 2010, une nouvelle structure verra le jour : L’Institut de France au Bénin : cet établissement à large autonomie administrative et financière regroupera entre autres, le service de coopération et d’action culturelle d’aujourd’hui, du moins pour ce qui concerne le volet culturel, les centres culturels français de Cotonou et de Parakou, l’espace campusfrance et dans une certaine mesure le lycée français. Cette réforme permettra, en favorisant une plus grande synergie entre ces différentes structures, de conduire au Bénin une action plus cohérente et plus efficace dans le domaine de la culture, de la langue française, de la francophonie, de l’éducation et dans celui de la promotion des valeurs universelles de la République française. Il s’agit de faire ensemble, de la culture, un moteur complémentaire de croissance et de création d’emplois, pour ne pas dire un nouveau paradigme du développement. A ce sujet, vous pourrez consulter la grande enquête réalisée par cette ambassade sur la francophonie au Bénin et éditée ce mois de juillet et qui fait suite au plan d’action pour le français réalisé en 2007. Plusieurs exemplaires de cette enquête sont exposés dans les salons de la résidence. Parallèlement, l’Agence Française de Développement pilotera de son côté les grands projets de développement économiques dont une part était jusqu’alors du ressort du service de coopération et d’action culturelle. Là encore, cette reforme vise à plus d’efficacité, plus de cohérence et plus de lisibilité.
3.4. Evoquer ces sujets me donne l’occasion de saluer le travail accompli au Bénin par l’ensemble des personnels qui participent par leur expertise à l’efficacité de notre coopération avec ce pays :
- les assistants techniques seniors qui pilotent avec leurs homologues béninois d’importants projets dans les domaines de la police, de la gendarmerie, des douanes, comme dans celui de la santé, de l’environnement, de la sécurité alimentaire, au CIRAD et à l’IRD , mais également dans la culture, la francophonie, l’enseignement et la recherche.
- Les jeunes volontaires du progrès et les volontaires internationaux, qu’ils soient administratifs ou en entreprises. La plupart d’entre eux sont engagés au plus près de la population béninoise, souvent très loin de Cotonou. Ils sont certainement la meilleure illustration de la solidarité qui unit les peuples français et béninois.
- Il en est de même des stagiaires qui viennent chaque année apporter leurs compétences au Bénin, dans le cadre de leurs études. Je ne citerai que les cas de ces étudiants en médecine, en stage au CNHU de Cotonou, celui de ces élèves de la prestigieuse école du Louvre, en stage à l’école du patrimoine africain (EPA) de Porto Novo, ainsi que celui de ces élèves de sciences-po affectés au Consulat de France. Ils sont d’ailleurs avec nous aujourd’hui.
- Quinze étudiants ont obtenu une bourse de master pour poursuivre leurs études dans l’Université francophone d’Alexandrie et une dizaine d’autres commencent leurs doctorats grâce à des bourses d’excellence du projet ARHES d’appui a l’enseignement supérieur.
- Et je ne peux pas ne pas citer ces jeunes béninois particulièrement brillants et soutenus par la fondation Odon VALLET France. Une fondation qui chaque année distribue une enveloppe de près de 250 millions de FCFA aux élèves et étudiants les plus méritants, sur l’ensemble du territoire national. Ces élèves, admis en classes préparatoires au lycée Louis Le Grand, à Paris, sont destinés à intégrer les plus grandes écoles d’ingénieurs françaises, comme polytechnique ou l’école des mines et centrale. Pour le Bénin, avec la France, c’est un beau pari que de miser sur cette jeunesse qui servira demain le Bénin, tout en restant fidèle à ses attaches avec la France.
3.5. Et là, nous touchons au développement solidaire au sujet duquel je vous annonce avec plaisir la création toute récente, puisqu’elle date de la semaine passée, d’une nouvelle association, le cercle d’échanges franco-béninois qui vient très heureusement enrichir le paysage de la société civile béninoise, et qui participera très activement à cette circulation des compétences entre nos deux pays. Plusieurs membres du bureau que j’ai reçu hier, sont d’ailleurs parmi nous.