L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
La démission annoncée, hier, à grand renfort médiatique de l’ancien Chef de l’Etat et actuellement maire de la ville de Cotonou, Nicéphore Dieudonné Soglo, de son parti originel a surpris plus d’un. Mais au-delà de la surprise, la nouvelle quoique douloureuse, est symptomatique de la crise latente qui fragilise, depuis peu, la Renaissance du Bénin et divise la famille Soglo. Ceci intervient à un moment où l’opinion reste encore perplexe sur la position réelle de la Rb sur l’échiquier politique national à moins de deux (2) ans de la prochaine consultation électorale de 2011.
Par : Serge-David ZOUEME
On s’étonne encore de la démission de Nicéphore Dieudonné Soglo de la Renaissance du Bénin. L’icône des « Houézèhouè » a claqué la porte pour informer qui veut l’entendre du malaise qui secoue la Rb. Beaucoup continuent de s’interroger sur le fait et souhaitent de la part de l’ancien Chef de l’Etat, une déclaration officielle même si la lettre annonçant la surprenante nouvelle est assez évocatrice. Au sein de l’opinion politique, on s’interroge sur les réelles motivations de la démission de l’actuel maire de la ville de Cotonou qui passe, aux yeux du public, comme une personne ressource, mieux comme le père fondateur de la Rb. Que cache alors cette manœuvre de Nicéphore Soglo à moins de deux (2) ans de la présidentielle de 2011 ? Cette interrogation trouvera, sans nul doute, sa réponse dans la série de crises qu’a connues jusque-là le parti des Soglo. Qu’il vous souvienne que ce parti est sujet à des difficultés depuis sa débâcle de 1996. Contre toute attente, Nicéphore Soglo a perdu le pouvoir pendant que beaucoup pronostiquaient en sa faveur vu ses efforts constants pour redresser l’économie nationale en cinq (5) ans de gestion des affaires de l’Etat. Les législatives qui s’en sont suivies ont montré juste une facette de la crise qui allait fragiliser le parti des « Houézèhouè ». La gestion politique clanique à l’interne du parti est également passée par là. Des cadres du parti, sous le poids de la frustration, ont claqué la porte laissant derrière eux une formation politique totalement réduite en termes de popularité. A tout ceci, s’ajoute récemment le dossier de l’exclusion ou non de Galiou Soglo du parti. Et c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.
Nicéphore Soglo, la raison d’être de la Rb ?
Ancien fonctionnaire de la Banque mondiale, ancien Président de la République du Bénin et actuellement maire de la première ville à statut particulier du Bénin (Cotonou), Nicéphore Dieudonné Soglo reste et demeure une personne ressource de la Renaissance du Bénin. Le parti lui est collé à la peau et à travers la Rb, on ne voit que lui. Ce qui confirme d’ailleurs son titre de leader charismatique et président d’honneur du parti. On conçoit alors mal et incompréhensible que ce dernier décide unilatéralement de tourner résolument dos à la Rb au moment où le parti attend beaucoup de lui. Allusion faite aux élections couplées de 2011. Pour des observateurs avertis de l’actualité politique béninoise et pour ceux qui ont suivi de près l’évolution de ce parti, Nicéphore Soglo, à travers sa démission, vient de sonner le glas d’une situation de pourrissement politique qui tend à conduire la Renaissance du Bénin vers le chaos. Plus rien ne va au sein de la formation politique qui ne vit que par les décisions de la famille Soglo, en l’occurrence celles de « Maman Rosine » et des enfants. Le principe du respect des textes qui régissent le parti semble être battu en brèche parfois au grand dam des proches militants et membres du bureau politique. Dépassé par les événements, Nicéphore Soglo démissionne à la grande stupéfaction de tous, comme pour annoncer le nettoyage au sein de la Rb. Il est donc temps de faire le bilan pour nourrir des espoirs plus grands pour la formation des « Houézèhouè ». Outre cette interprétation que l’on peut faire de la situation actuelle, Nicéphore Soglo a voulu, peut-être, poser le débat pour régler définitivement le problème du rapprochement ou non de la Rb de la mouvance présidentielle. Certains ont du mal à situer le parti sur l’échiquier politique national. Est-il de la gauche ou de la droite à la française ? Ce fut une préoccupation qui a défrayé la chronique et qui, hélas, est encore d’actualité malgré les communiqués publics à travers lesquels la Rb a réaffirmé son appartenance au bloc des G et F. L’un dans l’autre, la Renaissance du Bénin traverse des difficultés et la démission de Nicéphore Soglo devrait permettre aux « Renaissants » de faire leur examen de conscience pour redorer le blason du parti et aborder autrement les prochaines consultations électorales à venir. Mieux vaut tard que jamais !