L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Armand F. Vidégla
Préfacé par Florent-Eustache Hessou, «La fontaine de miel», l'ouvrage qui porte les griffes de Philippe M. Visso est paru aux Editions Ori.
Un recueil de poèmes de 119 pages entrecoupés de six chapitres. Pour cet essai, les thèmes abordés sont diversifiés. De la politique au romantisme en passant par l'amour et les faits qui minent la société. L'auteur qui n'a pas sa langue dans la poche, traduit ses ressentiments dans ses écrits pour dénoncer tout ce qui peut freiner l'évolution de la société. En effet, quand Philippe M. Visso alias Viphilos peint la politique africaine à travers ce titre éponyme du livre, l'on sent une réalité certaine: «les pouvoirs en Afrique, source de collision d'intérêts, véritable fontaine de miel, engendre une animosité non pareille. S'accrocher éternellement, de toutes ses extrémités adhésives, à la fontaine de miel une fois conquise, ou bien y revenir à tout prix, même au prix du sang des peuples. Voilà la vogue politique africaine! On s'agrippe de ses serres acérées, des ses grandes lèvres goulues et égoïstes à la fontaine».
De fait, cette «caricature» de la situation politique n'est pas loin de celle que le continent noir traverse actuellement. Tellement préoccupé par les problèmes du continent, l'auteur en parle à plusieurs reprises dans: «l'Afrique aux abois», «le plan», «les chefs-roquets d'Afrique», «une Afrique marionnette»...
Le fait que l'Afrique ait pour son compte eu égard aux dérives, n'empêche guère l'auteur de plonger les lecteurs dans d'autres passions. «L'école béninoise agonise. Elle est à un pas du trépas, prête à être inhumée par la politique, fauve de rapaces au rang trop-plein assassin de cupidité, ennemie de l'effort et de la parfaite raison», extrait de «Ponty Dabou et aujourd'hui». En jetant son dévolu sur la femme, l'auteur informe sur cet Etre: «le beau sexe, éternité où se mire l'humanité, est un abîme insondable pas sa profondeur et un paradis par son enivrante douceur». Philippe M. Visso n'a pas oublié ses origines. Il évoque sa cité natale Logozohê «aux dignes fils saoule de prospérité et d'amour a travers laquelle file un vieux bitume noir de l'est à l'ouest tel un serpent fabuleux...»