L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Léonce HOUNGBADJI
Au cours d'une conférence de presse qu'il a organisée récemment, le roi Adjiwatonou Allodji II de Calavi a affirmé que tant qu'il ne va pas rentrer en possession de ses 26 fiches de recasement, il ne lâchera pas du lest jusqu'à pardonner à ses enfants qui, selon ses propres propos, ont «profané son trône». Il ressort de nos recoupements que jusqu'à présent, le problème posé par le roi n'est pas encore réglé. Plus est, depuis environ un mois, la reine Minvivitché ne vit plus aux côtés du roi au palais. Certainement pour des raisons de sécurité, elle vit dorénavant auprès d'une cousine à Hêdomey, un quartier populeux de Godomey. C'est dire que le palais royal d'Abomey-Calavi est toujours en crise. Certes des pas considérables ont été posés pour tourner la page de l'histoire, mais le bout du tunnel n'est pas pour demain.
La crise n'est pas encore définitivement réglée. Il y a eu certes des concessions de part et d'autre, mais les problèmes de fond soulevés notamment par le couple royal demeurent entiers. Et tant qu'ils ne seront pas vidés, ce n'est pas sûr que le calumet de la paix dont on parle soit une réalité patente sur le terrain. La question de la sécurité de la reine Minvivitché et le règlement définitif du litige domanial objet de la présente crise sont les deux grandes équations à résoudre d'abord avant qu'on ne puisse espérer une paix durable. De sources proches du ministère de l'Intérieur et de la Sécurité publique indiquent qu'un heureux dénouement vient d'être trouvé à cette crise. Selon les mêmes indiscrétions, les différents protagonistes à savoir: le couple royal et certains de leurs enfants fument déjà le calumet de la paix. L'intervention du gouvernement aurait permis d'unir la famille royale.
La médiation de Nestor Dako, Michel Alokpo et autres aurait permis de décanter la situation. Un protocole d'entente aurait été signé entre le roi et ses enfants, en présence du commissaire d'Abomey-Calavi. Le calme serait donc revenu au palais royal. C'est vrai que les parties en conflit ne s'affrontent plus ouvertement, Mais elles ont toutes du venin dans la bouche. Jointe hier au téléphone, à 17 h 40 mn, la reine Minvivitché a laissé entendre qu'en tant que principale victime de cette crise, elle n'est associée à rien. Elle dit avoir discuté avec le Pasteur Michel Alokpo dans le cadre du règlement de cette situation, «mais après plus rien». «La crise n'est pas encore réglée. Un protocole d'entente entre le roi et ses enfants aurait été signé. Je ne l'ai pas encore lu. J'attends le déchiffré d'abord avant de me prononcer. Mais en attendant, entre-nous, vous pensez qu'on peut régler sérieusement cette crise sans m'associer étroitement. Ce n'est pas moi qui l'ai allumée, mais j'ai aussi mon mot à placer.
On m'a brisée le bras (c'est hier seulement que j'ai enlevé le plâtre), poignardée, frappée comme une fille placée sous le regard impuissant des autorités. Je veux bien que la paix revienne. Il faut que les acteurs de ce crime soient sévèrement punis. Sinon, les problèmes vont demeurer», a déclaré la reine Minvivitché. Nestor Dako et son équipe ont alors du chemin à parcourir, afin de tourner la page de l'histoire.