L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Joël YANCLO
La légende Placide Azandé, premier adjoint au maire de la commune d'Abomey-Calavi, suit son cours normal. L'élu de Hêvié s'apprête à lancer un vaste programme baptisé «Emergence non-stop». Ce programme est encore une fois une innovation de cet éminent militant Fcbe. «Par une présentation itinérante et publique sur écran géant de l'excitante œuvre de mise en chantier d'un Bénin émergent du président Boni Yayi, j'espère voir rassemblées à ces occasions, de foules de citoyens de toutes catégories socioprofessionnelles et de toutes obédiences politiques autour de la question majeure du développement réel du Bénin. Relevées de communications, débats et mobilisations populaires, ces séances cinématographiques de mémoires visent à inspirer des perspectives lumineuses pour des victoires plus grandes à partir de 2011», a expliqué Placide Azandé qu'on ne présente plus.
Militant de première heure de l'avènement du Dr Boni Yayi au pouvoir, cet homme attend ainsi promouvoir les nobles actions de développement à la base du Changement. Il veut montrer à la population que sous le régime en place, les choses changent réellement et positivement dans le pays. «Il faut être un aveugle pour ne pas dire la vérité. Même nos opposants éclairés reconnaissent que le Chef de l'Etat fait des efforts considérables pour mettre le Bénin sur les rails de l'émergence économique. A partir de ce moment, je crois qu'il nous revient de jouer le rôle qui est le nôtre, afin de permettre à nos populations des coins reculés d'être au même niveau d'information que celles des zones urbaines», a indiqué M. Azandé, avant d'annoncer que le lancement de ce programme est pour très bientôt.
«Tous les matériels nécessaires à la réalisation de cette opération sont déjà achetées. D'ici à là, nous allons prendre d'assaut les marchés, les écoles, bref les places publiques pour donner le top. Nous allons commencer d'abord par tous les arrondissements d'Abomey-Calavi. Après, l'opération sera généralisée dans les autres localités du Bénin», a-t-il ajouté.
Encadré
Un parcours peu ordinaire A 52 ans, celui qui porte la casquette de premier adjoint au maire d'Abomey-Calavi peut se targuer d'avoir eu un parcours brillant, à tous points de vue. Pour Placide Azandé, ce parcours a été rendu possible grâce à de grandes responsabilités qu'il a assumées d'abord dans deux banques françaises, puis à la Banque commerciale du Bénin. Les institutions bancaires internationales n'ont pas de secret pour lui. Outre ces fonctions, il fut successivement administrateur de la banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Bceao), de la banque Ouest-africaine de développement (Boad), de la banque africaine de développement (Bad) et du Fonds monétaire international (Fmi). Vivre sans héritage est une perte. Dans cette logique, Placide Azandé choisit de partager son savoir-faire avec les jeunes.
Il se tourne alors vers l'enseignement et devient professeur d'université à Abomey-Calavi. Une vie de fierté qu'il se fait le plaisir de raconter sans grands détours. Un rêve réalisé grâce à ses parents, feu Azandé Thomas et Avocèhoué Honvou Marie, tous natifs de Hêvié, un arrondissement d'Abomey-Calavi, qui l'ont mis très tôt à l'école. Placide Azandé, c'était véritablement l'enfant qui voulait aller à l'école. Après son brevet d'études du premier cycle obtenu au collège d'enseignement général de Ouidah, il atterrit à Porto-Novo et empoche, trois ans après, son baccalauréat, passeport pour la continuité de ses études universitaires à Paris. Etudiant dans la prestigieuse université de Sorbonne, il en sort avec un diplôme du second cycle en banque et finances, suivi d'un autre du troisième cycle en économie bancaire.
Autant de parchemins qui lui ont permis de ne pas faire piètre figure dans sa vie professionnelle, et d'en profiter pour construire une famille sous un régime monogamique béni de cinq enfants. Grand, fort, géant, teint noir ébène, visage serein. La première impression de crainte qui anime dès qu'on voit Placide Azandé s'estompe rapidement après quelques minutes de discussions avec lui. S'il tient à une rigueur infaillible qui se peint sur son visage à première vue, il réussit à le concilier avec ses principes de convivialité et de compréhension. «Autrement, il est impossible de gérer le stress qui s'accumule sous les pressions quotidiennes», argumente-t-il. L'homme très habitué aux milieux de prestige devient souple, très souple quand il s'agit de promouvoir les valeurs culturelles. Les artistes sont ces amis et aucun sacrifice n'est de trop pour les soutenir. Pour eux, il organise chaque année une journée de réjouissances. Preuve palpable de son amour pour la culture. D'ailleurs, Placide est également propriétaire d'un parc touristique.
Ce sont là ses grandes distractions en plus de la lecture et du sport qui lui permettent de se ressourcer. N'allez pas demander à Placide de ne pas avoir des aventures amoureuses. Cela ne manque pas. Surtout quand on fréquente les couloirs de la gloire. C'est sûr, les femmes lui tournent autour. Mais son éthique religieux de catholique l'oblige à rester attaché à la fidélité. C'est l'une des grandes valeurs qui lui ont permis de choisir sa femme, son unique, il y a plus de 30 ans. Pour Placide, Edwige est la plus belle des femmes, par son teint pur, son sourire franc et son caractère intrinsèque de femme africaine. Mieux, elle lui a donné ses cinq enfants. Placide lui est reconnaissant, raison de plus pour qu'il continue de lui être fidèle.
Léonce HOUNGBADJI