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L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

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Théâtre/ France : Un journaliste béninois sur les planches parisiennes


Alors qu’il prépare activement une thèse en Communication politique et publique dans une université française, le journaliste béninois Doucis AÏSSI, a intégré, grâce à une offre alléchante, l’année dernière, le milieu du théâtre professionnel en France. Enrôlé par la compagnie de la Bobine, l’ancien rédacteur en chef adjoint du quotidien Le Républicain a bouclé, il y a quelques jours, sa première tournée en Île-de-France en tant que comédien. C’est avec la pièce « L’argent du beurre » de l’auteur Louis Charles Sirjacq, qu’il signe dans le rôle de monsieur Singer, une entrée triomphale sur les planches parisiennes.

Par : Bernadin MONGADJI

Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître pour le journaliste béninois, Doucis Rémi de Saint Apulée Aïssi, de son nom au complet. Dans le rôle de Monsieur Singer, l’ancien rédacteur en chef adjoint du quotidien béninois Le Républicain, vient de distribuer avec brio dans la pièce « L’argent du beurre » du scénariste et metteur en scène français, Louis Charles Sirjacq. Enrôlé l’année dernière par la compagnie de la Bobine qui cherchait un Noir pour jouer le rôle d’un Afro-Américain dans la pièce évoquée supra, Doucis Aïssi qui n’avait jusqu’à cette date aucune expérience dans ce milieu, s’est aussitôt jeté à l’eau. Après ce baptême de feu, lui –même raconte non sans un brin d’ironie : « Une connaissance m’avait informé que la troupe recherchait un homme noir pour jouer le rôle d’un Américain. Je n’avais jamais fait du théâtre mais je n’ai pas douté un instant de mes capacités et je me suis présenté. Comme journaliste ne suis-je pas déjà un peu artiste ?... Tout s’est bien passé : on m’a confié le rôle. J’ai beaucoup appris avec eux en préparant la mise en scène de « L’argent du beurre. » J’ai également participé à des stages sur les jeux de comédie. La première représentation c’était en mai (2009) au Ranelagh, un théâtre situé dans le quartier le plus chic de Paris (16ème arrondissement). La salle était pleine et j’étais très à l’aise : ce fut un triomphe. A partir de ce moment j’ai compris que je suis devenu comédien ». Les témoignages des spectateurs français qui ont suivi cette représentation ne sont pas moins élogieux à l’endroit du jeune comédien béninois. Sa maîtrise du jeu de scène, ses reparties foudroyantes dans un français au vernis américain ont apporté charme et séduction à son rôle. « Je devais donner toutes mes répliques en français avec un accent américain ! Le vrai charme de mon rôle : j’ai adoré, même s’il a fallu mettre un peu à jour mes connaissances du "for, since, ago"... », se souvient Doucis AÏSSI avec beaucoup d’émotion. En effet, dans un rôle stratégique qui constitue la sève de cette trame théâtrale, il devrait incarner Monsieur Singer, un représentant du plan Marshall qui visite la France après la deuxième guerre mondiale. En fait, il revient en France car il faisait partie des soldats américains qui ont débarqué en 1944 pour sauver ce pays qu’il aime bien. Mais il est noir ! Tout le monde n’aime pas ça dans la petite ville de Marcillé-Froidvert (Bretagne). La laiterie qu’il vient visiter appartient à une famille bourgeoise qui a vendu du beurre aux Allemands pendant l’occupation. Cette famille a besoin de l’argent de l’Américain pour moderniser son affaire mais pas vraiment de lui...il est noir ! Alors les combines, l’hypocrisie, les secrets de famille sortent...tout se sait. Monsieur Singer retourne en Amérique avec ses sous : on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. Depuis la fin de cette tournée le 14 juin dernier, le comédien béninois n’a de cesse de recevoir les compliments du public parisien et des sollicitations venant des compagnies célèbres de la France. Ses boîtes mail et à lettres craquent de correspondances et les cartons d’invitation ne se comptent plus sur sa table. A la question de savoir s’il envisage une carrière dans ce milieu qu’il vient d’intégrer avec triomphe, Doucis AÏSSI répond avec sérénité sans se laisser griser par ce succès : « Je continuerai à travailler avec ou sans la Compagnie de la bobine. J’ai reçu beaucoup de témoignages favorables et j’ai aussi désormais beaucoup d’envie ». Somme toute, une porte vient de s’ouvrir pour lui ; il a désormais les cartes en main et à lui de jouer. Bon vent !

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R
<br /> Ha ! Ha! Quel manque de modestie, c'est à se tordre de rire.<br /> Pour avoir vu la pièce, je peux témoigner : le rôle du noir américain était le plus petit rôle et le triomphe dû à des spectateurs composés uniquement de parents et d'amis.<br /> <br /> <br />
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