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L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

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Présidentielle de 2011 : Déjà l’effervescence sur le campus


A moins de 2 ans des élections législatives et présidentielle de 2011, le campus d’Abomey-Calavi vit déjà au rythme de la précampagne. Des affiches et regroupements appelant à soutenir tel ou tel autre candidat se créent et s’animent. Les étudiants y vont de leurs forces, et promettent des surprises pour les présidentiables.

Par : Lucien BATCHO (Stag)

Après les vagues successives d’appel et de soutien à l’intérieur du pays, suscitant la candidature des potentiels candidats à la présidentielle prochaine, le débat s’installe à l’Université d’Abomey-Calavi. Bastion électoral jouant un rôle déterminant dans le choix des dirigeants, le campus suscite des convoitises. Plus une soirée ou un week-end où on observe pas des étudiants regroupés le plus souvent dans le jardin U et pour les plus discrets, on préfère se retrouver dans une école loin des regards indiscrets ou pour garder l’anonymat de l’invité ou des émissaires du candidat qui les réunit. Les tractations vont bon train et les choix divergents. Mais le plus souvent, trois candidats font l’unanimité. Entre Boni Yayi et Abdoulaye Bio Tchané, les opinions se partagent. Si le premier et actuel Président de la République ne semble pas convaincre la majorité, il bénéficie tout de même aux yeux de certains de quelques atouts. Au pouvoir et jouissant des avantages, il peut se permettre un second mandat comme c’est déjà annoncé par ses disciples et thuriféraires. De plus, ses réalisations peuvent servir d’arguments pour sa réélection. Mais là où les étudiants s’entendent le plus, c’est son bilan mitigé quant aux problèmes du monde universitaire. Insuffisances d’infrastructures d’hébergement, de restauration, de transport, de laboratoire, d’amphithéâtre et les conditions d’étude de plus en plus difficiles. Les promesses non tenues surtout, la construction de l’infirmerie moderne annoncée et les bus à acquérir qui sont toujours attendus. Ajoutée à la célèbre phrase restée vivace depuis ce 24 janvier 2007 dans les esprits des étudiants lors de sa première rencontre avec la communauté universitaire après son élection à la tête du pays. « …Je verserai mon sang pour vous … ». Cette phrase qui à quand même fait rêver, est aujourd’hui perçue comme un thème de campagne, de quoi convaincre ceux qui, ce jour là, sont restés indifférents. Même si des efforts sont faits, la liste des promesses est longue et celles tenues ne sont pas prioritaires aux yeux des étudiants. Néanmoins, Boni Yayi n’est pas pour autant rejeté par cette couche dont on dit vaut mieux avoir avec soi que contre soi. Seulement, il est encore temps pour que ses émissaires sur le campus revoient leur stratégie. Car la politique de diviser pour régner dont ils sont les maîtres d’orchestre et qui consiste à fragiliser tous les mouvements et qui, jusque là leur marche si bien, risque de leur coûter cher et ce serait Yayi Boni le perdant.

C’est trop tôt…

Les motifs de ce désintérêt brusque sont diversement appréciés. Mais n’oublions pas que c’est sur ce même campus que le candidat a reçu ses premiers soutiens et annoncé sa candidature en 2004. C’était à 2 ans de présidentielle de 2006. Cette fois encore, c’est sur ce campus que le débat partira et s’amplifiera pour atteindre les hameaux les plus reculés du pays. Si à l’époque, Yayi Boni n’avait pas de challenger de taille en dehors de Me Adrien Houngbédji, les données ont changé et Abdoulaye Bio Tchané avec les mêmes atouts que Yayi entre-temps, mobilise des foules et semble, au bénéfice du doute, créditer des mêmes faveurs que Yayi à l’époque où il venait solliciter les suffrages des étudiants pour diriger notre pays. Si les mouvements soutenant la réélection de Yayi ont leur racine sur le campus, Adrien Houngbédji a lui aussi son électorat dans ce milieu où chacun trouve toujours son compte. L’avantage de ces deux derniers dans cette tractation pour la course de 2011 est qu’ils ne sont pas encore allés au front pour qu’on puisse évaluer leur capacité à pouvoir donner satisfaction aux problèmes que vivent ces milliers de jeunes appelés à prendre la relève. ‘’Les petits candidats ‘’comme les étudiants se plaisent à les appeler, eux ne soulèvent pas grand monde et ne font l’objet d’aucune grande mobilisation. Néanmoins, il convient d’en rappeler quelques uns. Lazare Sèhouèto, Léhady Soglo, Pierre Osho, Simon Adovelandé et bien d’autres qui se feront connaître dès que l’échéance sera proche. Mais dans cette multitude de candidats, seul le peuple pourra décider du meilleur pour la conduite des affaires de la cité. Même s’il est vrai que le choix de la communauté est souvent déterminant et qu’il vaut mieux avoir les étudiants avec soi que contre soi, il existe dans cette couche de la société des profiteurs sans base, ne pesant rien politiquement mais qui s’organisent , vous arnaquent proprement et vous lâchent le moment venu. Vigilance et prudence de la part des candidats. Chaque jour, les initiatives naissent, se ressemblent, prônent le développement du Bénin mais ne s’accordent pas toujours sur le candidat. Pour l’instant, le campus vit et respire les campagnes électorales précoces car, les étudiants initiateurs de ces réunions y trouvent leur pain. 2011 est encore loin mais si proche pour les prétendants qui testent leur popularité à l’Uac.

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