L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Chris-Amos AHOLOU
Face à la presse béninoise le mercredi 24 juin lors de son passage à Cotonou dans le cadre de l'ouverture du 5ème congrès de l'Association des Cours Constitutionnelles ayant en partage le français, le Secrétaire général de la Francophonie a dit beaucoup de choses en si peu de mots.
Abdou Diouf qui a fait des entretiens avec la quasi-totalité de la classe politique béninoise dit avoir perçu beaucoup de crispation. Ceci, pas au sein de la population mais dans le rang des hommes politiques, notamment, au niveau des opposants au régime du Président Boni Yayi qu'il a rencontrés dans leurs diversités. Politiquement très stratège, l'ancien Président de la République sénégalaise qui connaît mieux les prétentions des hommes politiques qui ne sont pas au pouvoir, a pu percevoir aussi, au-delà de la crispation dont il a parlé, le réel problème du Bénin aujourd'hui.
On sait qu'il ne peut dénier aux hommes politiques béninois leurs légitimes ambitions. Il n'est pas là non plus pour régler des problèmes internes sinon il aurait outrepassé l'obligation de réserve pour édifier mieux les politiciens béninois. Toutefois, en répondant à une question des hommes des médias béninois, Abdou Diouf a lâché la phrase qui explique tout et tout ce que vit le Bénin sous le règne du Président Boni Yayi.
« C'est l'opposition qui détruit le monde!». C'est vrai que le secrétaire général de la francophonie répondait pour expliquer la position du Rwanda qui avait menacé de quitter la Francophonie pour dire qu'une opposition à une organisation internationale comme la Francophonie ne sera pas une bonne chose. Mais par cette phrase, l'ancien Chef d'État a fait inconsciemment ou consciemment l'aveu de ce qui empêche l'Afrique de décoller. Il ne s'agit pas d'un procès aux opposants des pouvoirs mais une réalité qui régresse les pays notamment, les pays africains.
Le Bénin en est un exemple aujourd'hui. Car, lorsqu'on analyse comment l'opposition est menée au Bénin on se rend compte qu'il ne s'agit pas d'une opposition constructive capable de bâtir le Bénin émergent avec le Président de la République. Il ne peut en être autrement si les opposants au régime du Président Boni Yayi se refusent de se déclarer comme tels et d'en jouer convenablement le rôle. Point n'est besoin de montrer encore que ce qui compte pour l'opposition non déclarée c'est comment déstabiliser un Chef d'Etat qui affiche pourtant de nobles ambitions pour son pays.
Et ces politiciens cherchent par tous les moyens à rendre impopulaire le Président Boni Yayi. Beaucoup de faits et d'événements politiques ont témoigné de cette attitude malsaine des opposants non déclarés. Inutile de revenir sur leur acharnement contre le chef de l'État. Leur véritable combat n'a jamais été d'avancer sur le terrain des débats objectifs et de faire des propositions constructives au gouvernement. Il a été question plutôt pour eux de le combattre. C'est sans s'aviser que cette option détruit le pays dans son ensemble et non son Chef d'État seulement. C'est ce que dénonce en substance Abdou Diouf.