L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Par : Hermann MIGAN (Coll)
Le député Eric Houndété et sept autres de ses collègues vient d’adresser une question au gouvernement en ce qui concerne le respect du principe de neutralité qu’imposent les textes qui fondent la nation béninoise. Selon ledit principe, les membres du gouvernement qui agissent sous l’autorité du président de la république comme le dispose l’article 54 alinéa 2 de la constitution béninoise doivent faire en sorte que la cohésion et l’unité nationale soientt sauvegardée. Ce qui, selon eux, depuis l’avènement du pouvoir du changement fait défaut dans notre pays, le Bénin. C’est en raison de cela que les signataires de la question voudraient que le pouvoir central l’éclaire au sujet de ce qui motive son engagement pour ces violations constantes des principes cardinaux des services publics et les mobiles de son option pour la politisation de ladite administration.
Questions orales au gouvernement
En disposant en son article 54 alinéa 2 que le Président de la République dispose de l’administration, la Constitution béninoise du 11 décembre 1990 confie la gestion des services publics au Président de la République et à travers lui, au gouvernement dans son ensemble. L’exercice de cette prérogative est assorti de l’observation d’un certain nombre de principes dont les plus saillants sont la neutralité et l’égalité. Le principe de la neutralité impose au gouvernement de faire fonctionner l’administration de manière à préserver la cohésion nationale en faisant taire l’expression de toute identité religieuse, ethnique, voire politique par les fonctionnaires dans l’accomplissement des missions de service public. Ce principe cardinal des services publics contraint aussi les gouvernements à l’observation des mêmes obligations que les fonctionnaires qui ne sont, en réalité, que leurs bras opérationnels. S’agissant du principe de l’égalité, il requiert un traitement équitable à tous les citoyens quelles que soient leur obédience politique, leur appartenance ethnique et leur identité religieuse et culturelle. Or depuis environ trois ans, des faits, gestes, déclarations et prises de position des actuels animateurs des organes supérieurs de l’Etat notamment au niveau de l’exécutif semblent s’inscrire dans la logique contraire.
Des autorités administratives et politiques menacent au quotidien les populations des localités qui ne sont pas politiquement sous leur emprise de les écarter du bénéfice de toutes infrastructures (éducations, routières, sanitaires, administratives, et autres) ;
Des Directeurs Généraux de structures publiques parcourent certaines localités et promettent d’user de leur position pour réaliser telles ou telles infrastructures.
Le Directeur de Cabinet du Chef de l’Etat assure (selon ses propres propos) un encadrement spirituel permanent au Chef de l’Etat.
Des autorités ministérielles abreuvent à chaque occasion leur collaborateur de rites religieux ;
les micro crédits sont devenus un outils privilégié de mobilisation politique. Les faits ainsi décrits constituent une violation des principes ci-dessus cités de la neutralité et de l’égalité. Face à la répétition de ces pratiques et en raison de leur nuisance silencieuse à l’unité nationale et à la performance de l’administration, le gouvernement est appelé à dire à la représentation nationale :
1) ce qui motive son engagement pour ces violations constantes des principes cardinaux des services publics ;
2) les mobiles de son option pour la politisation de l’administration au détriment de ses intentions premières de la dépolitiser.
Porto-Novo, le 25 Juin 2009
Ont signé
1- Eric HOUNDETE
2- LODJOU Jude B
3- N’DA Antoine N’DA
4- SOHOUNHLOUE Dominique
5- BADA Georges
6- VLAVONOU
7- ZINSOU Edmond
8- AKOTEGNON Raphaël