L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Les pluies diluviennes qui s’abattent depuis quelques jours sur Cotonou ont fini par transformer plusieurs agglomérations de la capitale économique du Bénin en un étang étanche. Dans les quartiers comme Fidjrossè, Agla, Avotrou, les populations sont terrifiées par l’ampleur des inondations. Comme si le lac Nokoué furieux était sorti de son lit, l’eau est partout à Cotonou : dans les rues, dans les chambres, dans les latrines, dans les marchés et dans les jardins. Que d’habitations de fortune se sont déjà effondrées sous les vagues infernales de ces inondations !
Le phénomène est pourtant un drame cyclique, saisonnier et récurrent qui frappe fatalement Cotonou depuis des lustres. Les différentes solutions mises en place par les autorités municipales jusqu’à ce jour pour l’endiguer, se sont révélées comme un coup d’épée dans la mer. Mieux, en raison des grands travaux d’assainissement qu’a connu et de façon intense la ville ces dernières années, des effets collatéraux de ces ouvrages ont créé de nouvelles zones inondables qui sont venues alourdir le bilan d’une situation déjà cauchemardesque. Il y a eu donc cette saison de nouveaux sinistrés et de nouveaux sans abris qui attendent désespérément le secours de l’Etat.
Pendant que les fameuses 3CI, lisez (Cotonou en Campagne Contre l’Inondation) de la Municipalité se noient dans les profondeurs abyssales des quartiers inondés, les victimes du traquenard hydrique lèvent les yeux vers le Père de la Nation, le président Boni YAYI pour implorer sa clémence. Car l’ampleur du drame aggravé par les changements climatiques, appelle que l’Etat dépasse les clivages politiques pour déployer les grands moyens susceptibles de mettre fin à ce drame au même titre que l’avancée vertigineuse de la mer. C’est une action prospective sans laquelle la capitale du Bénin pourrait disparaître à long terme de la carte administrative de la République du Bénin, parce que l’eau aura fini de repousser ses habitants.
Par : Bernadin MONGADJI