L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Les élèves du Ceg Sainte face et du Ceg le Prodige ne pourront pas composer ce mercredi. Leurs noms ne figurent pas sur la liste officielle rendue public par l’office du bac car dans l’attente des sous déversés par les candidats libres, ils ont accusé du retard dans le dépôt des dossiers.
Ils sont nombreux à être dans le cas. Après neuf mois d’étude, ils ne pourront pas participer aux examens de fin d’années. Dès ce jour, ils vont rester chez eux tandis que leurs camarades seront dans les différents centres de composition. Eux, ce sont des élèves dont les responsables d’établissements n’ont pas déposé les dossiers. Nous sommes à Zogbo, non loin du collège d’enseignement général public du quartier. A deux vons de ce collège, se trouve un autre collège. Il s’agit du collège d’enseignement général Sainte face de Cotonou. Dans ce collège, tous les candidats au Bac de cette année ne pourront participer aux examens. Et pour cause ! Le directeur de ce collège n’a pas déposé le dossier des élèves. A quelques semaines des examens, les élèves ayant découvert le pot aux roses se sont soulevés et ont crié à l’usurpation. A travers d’une scène de une manifestation de colère, ils ont demandé à leur directeur de faire le nécessaire pour qu’ils puissent composer. A cette époque, le directeur avait promis de faire les démarches nécessaires et qu’il ne savait encore comment mais qu’ils iront composer. Quelques semaines plus tard, il devient clair que ces promesses ne sont que de l’eau jetée sur le dos du canard. Ils ne pourront pas participer au baccalauréat session de juin 2009 car à quelques jours des compositions, les dossiers n’ont pas bougé du bureau du directeur. « Nous sommes certain maintenant que nous ne pouvons plus aller à l’examen cette année » a dit Assah Enselm, élève au Ceg sainte face. Ce désarroi est partagé par plus d’une vingtaine d’élèves de ce collège. Le problème est le même au collège le Prodige de Porto-Novo. La différence dans le deuxième cas, c’est qu’il a fallu que les convocations ne viennent pas pour que ces élèves comprennent qu’eux aussi ne figurent pas sur la liste officielle des candidats affichée par l’office du Bac. Pleurs, manifestations de colère, cris de désespoirs… ont suivi cette découverte. Le directeur du Ceg le Prodige qu’ils ont réussi à prendre en otage a seulement déclaré la semaine dernière sur les antennes de Golf télévision « Je vous assure que vous irez à l’examen. Je ne sais encore comment mais tout ce que je sais c’est que vous irez composer ». Bien piètre réconfort pour ces élèves et parents d’élèves.
Une affaire de quelques sous.
La fureur était telle dans le rang de ces élèves qu’ils ont commencé à se remémorer de tout ce qu’il ont investi aussi bien financièrement que moralement durant cette année « inachevée ». Pour les élèves du Ceg la sainte face de Cotonou, c’est le grand désespoir. Dans la version donnée par les élèves du Sainte Face, il ressort que c’est parce que le directeur était plus occupé à enregistrer les dossiers des candidats libres qu’il s’est présenté à l’office du Bac avec du retard. « Il y a une vingtaine d’élèves dans l’école à être candidats au Bac mais les dossiers qui sont dans le bureau de notre directeur sont environ une cinquantaine » a déclaré Koudous Odofin, élève du collège sainte face. Ce dernier est allé jusqu’à stipuler que « c’est parce que les candidats libres payent beaucoup plus cher que nous ». Mais sur le montant payé par ces candidats libres, il a été incapable de donner la somme exacte. Saturnin Dossa, délégué de cet établissement est plus pessimiste face à la situation dont ces camarades sont victimes. Selon lui, « il n’y a plus d’espoir. Peut être que c’est cette année que certains vont réussir » mais l’acte du directeur a fait échouer tous ceux là. Au Ceg le Prodige de Porto-Novo, c’est les mêmes accusations qui sont portées à l’endroit du directeur. Dans un message de désespoir transmis sur l’Ortb, ces élèves accompagnés de leurs patents ont affirmé que c’est à cause des candidats libres que leurs noms ne figurent pas sur la liste officielle des candidats affichée par l’office du Bac.
Outre cet aspect du dossier, il y a le fait qu’en lieu et place des 5000Fcfa, frais de dossiers, les directeurs ont pris plus de 10.000Fcfa chez chaque candidat. Le problème s’est posé dans les deux collèges et sur la question, les avis des élèves sont les mêmes. Ces frais de dossier ajouté à ce que payent les candidats libres, la recette ne doit pas être négligeable.