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L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

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Homicide au nom des primes

Un drame silencieux a cours depuis plusieurs semaines dans plusieurs de nos hôpitaux publics du fait de la grève des hospitaliers. Les statistiques officielles qui sont loin de traduire l’ampleur du péril ne restent pas moins lugubres. Dans le seul centre hospitalier départemental de Goho à Abomey, plus d’une centaine de morts ont été enregistrés en l’espace de six semaines. Presque dans les mêmes proportions, les autres centres de santé publics touchés par le débrayage exhibent le même bilan macabre. Au nom des primes, les hospitaliers ont laissé mourir nombre de patients qui n’attendaient de leur part que le geste salvateur. Les scènes décrites par un de nos collaborateurs qui a consacré un reportage sur le sujet ne laissent pas indifférent. Et lorsque dans un pays sous-développé comme le Bénin qui compte parmi les nations les moins avancées au monde, des agents de santé, au mépris du serment d’HIPPOCRATE et de l’humanisme africain tout court, laissent mourir leurs compatriotes, il y a de quoi sonner l’alerte. Car en réalité, le monde entier nous observe, les organisations internationales présentes ici au Bénin, les représentations diplomatiques accréditées près notre pays et tutti quanti se posent bien des questions sur ce qui nous arrive. Voir des infirmiers d’Etat renvoyer manu militari un collège de médecins spécialistes étrangers en mission bénévole pour opérer gratuitement nos compatriotes, le spectacle est insoutenable. Le gouvernement qui prend par ailleurs la mesure du désastre, a fini par réagir. Mais l’hécatombe, elle, ne s’est pas arrêtée. Le système sanitaire béninois est décadent. C’est un secret de polichinelle. En plus, il se déshumanise et se vide de son essence. Entre des agents de santé qui se comportent comme de véreux commerçants et le mauvais accueil aux malades, le serment d’Hippocrate a déserté le forum. Le péril est grand ; il faut sauver l’hôpital au Bénin.

Par : Bernadin MONGADJI

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