L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Le président de la république du Niger, le Général Mamadou Tandja, a annoncé vendredi dernier l’organisation d’un référendum constitutionnel devant lui permettre de briguer un nouveau mandat présidentiel. En réalité, la Constitution actuelle de la république du Niger limite le mandat présidentiel à deux quinquennats consécutifs. Logiquement, le président Tandja qui se trouve au terme de la dernière année de son dernier quinquennat dont la fin est prévue pour le 22 décembre prochain, devrait normalement se préparer à quitter dans l’honneur et par la grande porte l’histoire politique de son pays.
Hélas, le Général-président qui a d’autres tours dans son sac, ne l’entend pas de cette oreille. En succombant à la tentation de la révision à des fins opportunistes de la Constitution de son pays pour s’ouvrir le boulevard d’un mandat illimité, Mamadou Tandja tombe dans le piège du pouvoir dans lequel les présidents du Gabon, Omar BONGO, du Burkina Faso, Blaise COMPAORE, de l’Algérie, Abdelaziz BOUTEFLIKA pour ne citer que les cas les plus récents, ont eu déjà à le précéder. Ce ne sont là que des contre-valeurs et de mauvais exemples, car il existe des modèles d’alternances réussies au pouvoir en Afrique au sud du Sahara qui font recette.
Le Bénin, le Mali, le Sénégal, l’Afrique du Sud, la Zambie etc., sont des modèles de démocratie exemplaire qui donnent une image positive du continent africain. Ce que le président du Niger s’apprête à faire, c’est-à-dire, réviser la Constitution pour se maintenir au pouvoir, ne sera en effet qu’un coup d’Etat politique avec comme bonus l’instrumentalisation du peuple dont la volonté sera toujours altérée par le diktat du réformateur. Dès lors, la boutade de Jacques Chirac, ancien président de la république française trouvera tout son sens à savoir « que la démocratie est un luxe pour l’Afrique ». Mamadou Tandja rentrerait ainsi négativement dans l’histoire contemporaine de l’Afrique.
Par : Bernadin MONGADJI