L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

Mais rien n'y fit jusqu'à présent. Plus de deux ans après l'avènement du régime du changement, l'homme peine à prendre ses responsabilités et se cache derrière une opposition déguisée pour tirer à boulets rouges sur toutes les actions du Chef de l'Etat, le Dr Boni Yayi. Dans une déclaration publique, le Parti du Renouveau Démocratique (Prd) a réclamé à cor et à cri le certificat de l'opposition afin de se conformer à la loi, puisqu'il ne se retrouve pas à travers la gouvernance en cours. Quelques jours plus tard, soit le mercredi 19 novembre 2008, le Conseil des ministres s'est réuni pour se pencher sur sa requête. Au cours de cette session, il a examiné et adopté le projet de décret portant modalités d'application de la Loi 2001-36 du 14 octobre 2002 portant Statut de l'Opposition.
C'est dire qu'il existe désormais au Bénin, une loi qui encourage et protège l'opposition. Mais une fois ce décret promulgué, ceux qui le réclament ont changé brusquement de discours. Les forces politiques de l'opposition non déclarée, notamment les barrons du Prd, qualifient de « coquille vide » ce décret. Selon eux, il n'est pas rassurant. Ils ne garantiraient pas un accès équitable aux médias publics et une autonomie de gestion. Le procès fait à ce décret est long au point où beaucoup de citoyens se demandent ce que veulent réellement Me Adrien Houngbédji et les autres opposants non déclarés. « Un tien vaut mieux que deux tu l'auras », a-t-on coutume de dire. Houngbédji et ses alliés savent très bien que l'opposition leur est destinée.
Dès lors, ils doivent faire avec ce décret, en attendant son éventuelle modification. Si la Constitution du 11 décembre 1990 n'existait pas, les Béninois ne réclameraient pas aujourd'hui son toilettage. En clair, aucune loi n'est entièrement parfaite. Antoine Idji Kolawolé qui est un allié stratégique des « Tchoco-Tchoco » reconnaît que la promulgation de ce décret est « un progrès formidable pour le Bénin ». Il n'y a donc plus de raisons évidentes pour faire chanter le pouvoir sur la question. On ne peut pas vouloir une chose et son contraire.
Le certificat de l'opposition existe déjà et il revient à ceux qui le désirent de s'y conformer, notamment le Prd. C'est vrai, s'engager dans une opposition politique n'est pas une chose aisée, surtout dans un régime puissant comme celui de Boni Yayi déterminé à changer l'ordre des choses. Mais il suffit pour Houngbédji, Amoussou, Idji, Sèhouéto, Saley et consorts de s'armer de courage pour étonner le monde. Ne pas le faire, en cherchant à ridiculiser le pouvoir, c'est faire preuve de mauvaise foi. Heureusement que le peuple n'est pas dupe.