L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
Charles Eyitayô Yaï
Ce n’est plus une rumeur. Rachidi Gbadamassi est exclu de l’Upr de Issa Salifou. Mais quels impacts négatifs cette décision peut-elle avoir sur la vie du parti ? L’Upr peut-elle réellement continuer seule son chemin sans Gbadamassi ? Celui-ci se laissera-t-il faire ?
Par décision N° 006-2009/Ben-Upr/P du 26 avril 2009, le Bureau exécutif national de l'Upr en Assemblée générale extraordinaire, a diligenté un comité ad hoc disciplinaire pour statuer sur le sort de l'honorable Rachidi Gbadamassi qui vient de claquer la porte du groupe parlementaire "G13" à l'Assemblée nationale. Dans ce rapport, la sentence sublime a été prononcée à l'encontre du député démissionnaire du groupe des opposants au régime qu'incarne le Président Boni Yayi.
Dans sa décision rendue le 22 mai dernier, la commission pilotée par Claude Djankaki, a qualifié l'acte posé par le 3ème vice-président de l'Upr chargé de la coordination des élus nationaux et locaux, de haute trahison, de couardise et d'escroquerie politique. Ce faisant, précise le rapport, il a enfreint les dispositions de l'article 5 de la loi N° 2001-21 du 21 février 2003 portant charte des partis politiques et le projet de société que prône l'Upr et qui est une société qui fait confiance à l'homme et à la nécessité d'une lutte contre la transhumance sauvage. Mais, lorsqu'on connaît la force de frappe de l'homme dans son fief, l'on est en droit de se demander l'impact qu'une telle décision aura à court, moyen et long terme sur la vie du parti.
L'honorable Rachidi Gbadamassi est populaire dans son fief de Parakou et nul ne peut prouver le contraire. C'est un homme politique qui a toujours son mot à dire sur la scène politique de Parakou et partant du Bénin entier. Il a prouvé sa capacité à mobiliser un électorat autour de lui lors des législatives de 2007 et des municipales, communales et locales de l'année dernière. Si cet « animal » politique n'avait pas été en cage lors des présidentielles de 2006, il aurait montré de quoi il est capable dans l'avènement ou contre l'avènement du régime du changement.
En dépit de tout, l'homme a su tirer son épingle du jeu avec un électorat qui a fait de lui l'élu de la nation à l'Assemblée nationale. Au cours des municipales, communales et locales de 2008, l'Upr, dans la 8ème circonscription électorale, avec à sa tête l'honorable Rachidi Gbadamassi n'a pas fait piètre figure. Au nom du "G13", ce parti a fait de nombreux conseillers municipaux, communaux et locaux. La décision d'exclure l'honorable Gbadamassi de l'Upr ne fait-elle pas de cette formation politique un corps sans tête dans cette région du Bénin ? Il est vrai, les commissaires dans leur rapport ont avancé des arguments, discréditant et traitant leur ancien allié de récidiviste après avoir qualifié les actes posés par le jadis 3ème vice président de l'Upr de haute trahison, couardise, manquement grave et escroquerie politique sans préjudices et sanctions pénales.
Ils ont fait aussi mention dans leur rapport des prises de positions virulentes de l'honorable, ses anciennes déclarations qui flagellent le gouvernement et sa chute onéreuse dans la cour de ce dernier. Mais, le Ben-Upr croit-il avoir convaincu la base politique du parlementaire par ce rapport ? D'autant plus que, dans le rapport, les commissaires ont reconnu l'aile Gbadamassi de l'Upr. On peut aussi se demander si le Ben-Upr a porté les gants nécessaires pour pourvoir au remplacement de l'homme de poigne dans la 8ème circonscription électorale. Qui peut porter mieux que Gbadamassi la parole de l'Upr dans à Parakou et dans la 8ème circonscription électorale ?
Autre chose, après la mise en quarantaine des organes décisionnels de l'Upr est de savoir l'avenir politique de l'homme. Gbadamassi, dans la grande mouvance présidentielle fera certes de moisson au moment opportun. Mais, comment ses efforts peuvent-ils être perceptibles ? D'ailleurs de son retour de la France après sa démission de son groupe parlementaire, Rachidi Gbadamassi a fait comprendre que sa démission de "G13" n'est pas synonyme de son entrée dans Fcbe.
Maintenant que sa sentence est connue, comment va-t-il gérer sa base ? Conservera-t-il sa frange de militants Upr ou va-t-il créer son parti pour avoir son autonomie politique ? C'est donc le moment pour l'exclu de l'Upr de prouver à la face du monde sa vraie côte de popularité. C'est aussi l'occasion pour Gbadamassi de prouver si c'est lui qui était populaire ou qu'il agissait à l'ombre de l'Upr.