A moins de deux ans de la prochaine élection présidentielle, l’opposition politique béninoise cherche toujours ses marques. L’union sacrée qu’elle avait pourtant affichée au sortir du séminaire d’Abomey et de Bohicon en décembre 2008, a tôt fait de se muer en désillusion. En l’absence de stratégies politiques d’école et d’un débat d’idées fondé sur des valeurs républicaines, les adversaires du président Boni YAYI peinent à proposer au peuple béninois une alternative crédible et conséquente pour espérer ébranler le régime en place et son chef. Face à un pouvoir médiatique et qui fait de la reddition des comptes son cheval de bataille, la fine voix de l’opposition n’apparaît que comme un écho dans une immense forêt. Trop faible donc pour porter loin. En plus du déficit d’orchestration, talon d’Achille de cette opposition, la cohésion a déserté le forum face à la cacophonie des ambitions des ténors par rapport à l’horizon 2011. Hypocrisie, tricherie et méfiance sont devenues dès lors la chose la mieux partagée au sein de ceux-là qui ambitionnent de succéder à Boni YAYI. La démocratie se nourrit de contradictions et de débats d’idées qui permettent au peuple de se faire une bonne et juste opinion de ceux qui ont en main sa destinée. Dans ce cadre, une opposition professionnelle qui fonde son combat non sur l’injure et les chimères mais sur un débat d’idées et une alternative crédible ne peut qu’être bénéfique pour le peuple et salvateur pour la démocratie. Hélas, ce n’est pas le cas aujourd’hui. En dépit des tentatives d’organisation ou de réorganisation en leur sein, les adversaires du pouvoir en place courent encore après la recette magique. Pour le moment, aucun des objectifs qu’ils se sont fixés ne semble avoir prospéré. Seul espoir qui reste, l’élection présidentielle de 2011. Comment bouter Boni YAYI dehors ? Le chemin est long et scabreux et les stratégies mises en place, pour y parvenir, sont loin d’être prometteuses.