L’acharnement de certains transitaires à se faire coûte que coûte rembourser par l’Etat, plusieurs milliards dans la déconsignation de l’acompte forfaitaire spéciale tranche avec le flou qui, comme ils le savent, entoure l’organisation du transit des véhicules d’occasion entre le Bénin et le Niger. Et, ceux qui à cors et à cris réclament le remboursement par l’Etat de plusieurs milliards dans le cadre de cette opération savent bien qu’il s’agit de manœuvres pour intimider l’Etat qui a fini par trouver les moyens de contrôler la transit des véhicules vers les pays de l’hinterland dont le Niger. En effet, pour réduire les pertes de recettes liées aux fausses déclarations sur les véhicules en transit vers le Niger, les deux Etats ont décidé de ne rembourser les 50.000 F CFA versé au départ de Cotonou que pour les véhicules dont l’entrée a été effectivement constaté sur le territoire nigérien. Le conseil nigérien des utilisateurs de transport (Cnut) devait donc à chaque fois présenter la liste exhaustive des véhicules effectivement rentrés au Niger pour assurer au transitaire le remboursement de leurs frais. Mais sur 5 milliards encaissés par l’Etat béninois dans le cadre du prélèvement de cet acompte forfaitaire, les points faits par le Cnut n’autorisent que le remboursement de 1,8 milliards. Les véhicules correspondants aux 3,2 milliards restant n’ont donc jamais quitté le Bénin ou sont allés à une autre destination causant un manque aussi bien pour le Bénin que pour le Niger. Et, si comme on le soupçonne, les véhicules correspondants aux 3,2 milliards ont été détournés vers le Nigeria, la meilleure attitude des transitaires ne serait-elle pas d’aider l’Etat à clarifier la question ? Ludovic A.