L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
: 15 députés G et F interpellent le gouvernement ( Lire l’intégralité de leur déclaration)
La récente sortie du ministre Nicaise Fagnon à Dassa et ses déclarations continue de faire des vagues. C’est le tour hier des députés de l’opposition non déclarée de faire une déclaration. Elle a été lue par le député Prd Raphaël Akotègnon au Palais des Gouverneurs de Porto-Novo hier. Dans ladite déclaration, les députés en question interpellent le président de la République au sujet des récentes déclarations faites à Dassa par le Ministre Nicaise Fagnon. Cette déclaration doit être prise très au sérieux pour le simple fait qu’elle a été signée par les figures de proue du G 4 à savoir Adrien Houngbédji, Bruno Amoussou, Rosine Soglo et Idji Koolawolé A ces personnalités, il faut ajouter Lazare Sèhouéto président de Force Clé et les membres de ce groupe. Ils ont dénoncé avec la dernière vigueur les agissements du ministre et des atteintes à la liberté, l et saisissent à cet effet le bureau de l ’Assemblée Nationale en séance publique. Les députés requièrent également que cette demande soit examinée par le bureau de l ’Assemblée Nationale selon la procédure des questions d’urgence et inscrites à l’ordre du jour de la plénière. On se demande jusqu’où ces députés veulent aller. Une chose est sûre, ce dossier va animer dans les jours à venir des débats houleux.
Interpellation du président de la République
Menaces sur les libertés et l’unité nationale
(Article 71 et 113 de la Constitution du 11 décembre 1990)
Les Députés signataires exposent que :
Le samedi 02 mai 2009 à Dassa, alors qu’un Mouvement de Jeunes ainsi qu’un certain nombre de partis politiques et personnalités, dont l’ancien Ministre Soulé DAN KORO du Parti Démocratique du Bénin (PDB) venaient de clôturer un meeting classique d’appel à la candidature de Monsieur. Abdoulayc Bio TCHANE, les populations de la localité ont vu surgir un groupe de « marcheurs » à la tête duquel se trouvait un ministre de la République, M. Nicaise FAGNON, Tous revêtus du même tee-shirt que le ministre et portant la même casquette que lui, des jeunes, arborant le sigle FCBE, se sont livrés à de violentes provocations et à de dangereuses menaces à l’endroit des pacifiques participants au meeting. Le but déclaré de leur irruption, selon les propres termes du Ministre Nicaise FAGNON, était d’interdite à quiconque de venir à Dassa susciter ou soutenir une candidature autre que celle du Chef de I’Etat. Dans un état d’excitation effrayante, le Ministre FAGNON a traité d’imposteurs et de provocateurs, les organisateurs du meeting. II a mis en garde toute personne qui ferait un autre choix politique que le sien et se hasarderait à venir l’exprimer à Dassa, voire dans le département des Collines. Affirmant donner « un dernier avertissement », il ne veut « plus jamais » entendre parler de pluralisme politique dans la région. Ce comportement et ces propos, retransmis par les télévisions et les radios, ont indigné et scandalisé les paisibles populations béninoises. Elles y Ont trouvé la confirmation de l’établissement progressif et insidieux clans notre pays d’un climat d’intolérance et l’expression d’une volonté d’utiliser la force et la violence pour imposer des choix et mettre fin aux libertés démocratiques Ce comportement et ces propos s’inscrivent malheureusement dans une longue liste d’actes de même nature perpétrés par le régime et qui mettent en danger nos acquis démocratiques. Ils ouvrent ainsi la voie à un retour aux plus sombres heures de notre histoire. Au nombre de ces actes d’intolérance et de violation des libertés, on peut citer : la prise d’arrêtés préfectoraux d’interdiction de réunion publiques dans l’Atacora/Donga et l’Alibori/Borgou, alors que dans le même temps, les ténors du régime y organisent des rassemblements, intoxiquent et corrompent les populations ; L’imposition, dans plusieurs communes, au cours des dernières élections municipales, communales et locales, d’une liste unique FCBE, arrachant ainsi aux populations leur droit à cchoisir librement leurs dirigeants ; L’exclusion de leur bureau, à coups de bâton. de Maires élus parce qu’il leur est reproché de ne pas appartenir aux FCBE Le refus illégal d’installation des conseils communaux aussi longtemps que la formation politique du Chef de l’Etat, FCI3E, n’y détiendrait pas la majorité, assorti de VioIence faite aux populations. L’utilisation d’armes à feu et de matraques pour disperser des coopérateurs réunis en assemblée générale à Adja Ouèrè, occasionnant cinq morts. Ces différents actes et les propos du Ministre FAGNON Constituent une réelle menace à l’unité nationale et une prime à l’ethnocentrisme, au régionalisme et à la haine tribale. Les Préfets qui ont ordonné les tueries d’Adja—Ouèrè, les répressions sanglantes d’Avrankou et les interdictions de réunions aux formations politiques autres que les FCBE sont les représentants locaux du Gouvernement dont ils reçoivent et exécutent les instructions. Nicaise FAGNON est membre du Gouvernement. Dans ces conditions, la responsabilité du Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement, garant de l’unité nationale, du respect de la Constitution et des libertés, est largement engagée.
C’EST POURQUOI,
Les Députés soussignés, agissant conformément aux prérogatives à eux reconnues par les articles 71 et 113 de la Constitution , et 113 du Règlement Intérieur de l’Assemblée Nationale, requièrent l’interpellation du Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement et saisissent à cet effet le Bureau de l’Assemblée Nationale en séance publique (Art. 113-3 du Règlement Jntérieur requièrent que la présente demande soit examinée par le Bureau de l’Assemblée Nationale selon la procédure des questions d’urgence et inscrite . l’ordre du jour de la plénière Arr 113-4 du Règlement Intérieur.
Ont signé
Adrien Houngbédji
Mme Rosine Vieyra Soglo
Kolawolé A Idji
Bruno Amoussou
Lazarre SEHOUETO
Jude B Loudjou
Saca Fikara
Augustin Ahouanvoèbla
Akotègnon Raphaèl
Gbèdiga Timothée
Houndété Eric
Dahissiho Joachim
Cakpo Kifouli
Sanni Glèlè Ybatou
Zinsou Edmond