L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT, CHEF DU GOUVERNEMENT A L’OCCASION DE LA CEREMONIE DE LANCEMENT DE LA FONDATION ET DU PRIX INTERNATIONAL CARDINAL BERNARDIN GANTIN

Son Excellence Monsieur le Président Nicéphore Dieudonné SOGLO, Maire de Cotonou,
Messieurs les Présidents des institutions de la République,
Excellence Monseigneur Robert SARRAH, envoyé spécial du Saint Père,
Excellence Monsieur le Président de la Conférence Episcopale du Bénin,
Messieurs les Membres de la Conférence Episcopale du Bénin,
Excellence Monsieur le Nonce Apostolique près le Bénin,
Madame la Grande Chancelière de l’Ordre National du Bénin,
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,
Monsieur le Président de l’Organe Présidentiel de Médiation,
Excellence Mesdames et Messieurs les membres du corps diplomatique et consulaire et les représentants des organisations internationales au Bénin,
Messieurs les membres du haut commandement militaire,
Excellence Messieurs les Evêques,
Distingués invités,
Excellences, Mesdames, Messieurs
Monseigneur,
Je voudrais vous souhaiter la bienvenue au Bénin au nom de la Nation béninoise et vous exprimer toute notre reconnaissance d’avoir accepté de représenter le Saint Père à la cérémonie marquant la célébration du Centenaire de la Basilique de Ouidah.
Le Peuple Béninois vous remercie également d’avoir accepté de présider la messe marquant l’an 1 du départ vers notre Père de notre bien-aimé, le Cardinal Bernardin GANTIN.
Chers invités,
Il y a exactement une année, le 13 Mai 2008, notre très aimé Cardinal Bernardin GANTIN a rejoint la maison du Père, plongeant tout le Bénin dans un recueillement profond.
Ce n’est plus nécessaire de rappeler ici ce que ce fils du pays a été pour le monde et pour nous. Comme je le disais à ses obsèques : « Plus que tous les édifices, plus que toutes les œuvres, plus que toutes les fonctions et plus que tous les titres. Ce qui restera de vous et ce qui nous manquera le plus, c’est votre exceptionnelle humanité, c’est votre regard doux et pénétrant, c’est votre merci de chaque instant, votre attention fraternelle, immédiate, sans préjugé. C’est votre disponibilité, votre ouverture qui permet à chacun de se réfugier en votre cœur parce qu’il sait qu’il y a sa place et qu’il y sera protégé. Oui, il y a des mortels sur qui la mort n’a pas de prise et qui échappent à la destruction. »
C’était là ma lecture de l’émotion générale et des milliers de témoignages qui se sont exprimés en cette circonstance. L’unité nationale qui s’est manifestée reste dans toutes les mémoires. Les Béninois de toutes confessions religieuses, de toutes régions et de toutes convictions politiques ont tenu à saluer la noble figure d’un frère, d’un père et d’un pasteur qui nous a tous profondément marqués.
Cette ferveur s’est concrétisée par la nouvelle appellation de notre Aéroport International, espace d’accueil et d’échanges avec le monde et devenu désormais Aéroport International Cardinal Bernardin GANTIN.
Nous avons tenu cependant à aller plus loin.
Tout observateur attentif et sincère reconnaît que des préoccupations majeures et profondes qui ont habité notre cardinal habitent encore aujourd’hui tous les patriotes béninois soucieux de l’avenir de notre pays. Le développement n’équivaut pas à une accumulation de ressources ou de biens pour quelques uns, de réalisations spectaculaires et de statistiques saisissantes.
Nous convenons tous désormais que c’est la qualité des hommes et des femmes, leur éducation, leur bien être, leur engagement pour une société solidaire dans le progrès qui garantissent le vrai développement.
La course à l’argent facile, l’esprit de lucre, de fraude et de fausseté, le déni de justice, le mépris d’autrui, voilà des maux aujourd’hui répandus dans notre pays et dans notre Afrique. Ne pas tenter de les éradiquer devient une complicité, un refus d’assistance à société en danger de déliquescence.
C’est la raison pour laquelle j’ai saisi l’opportunité que la vie du Cardinal nous offre pour prolonger son exemple et son enseignement, pour proposer que nous mettions en place une structure chargée de promouvoir les hautes qualités qui construisent dans un pays, les chances réelles d’un développement solidaire.
J’ai donc souhaité qu’en partenariat avec la Conférence Episcopale du Bénin on puisse organiser l’attribution d’un prix international Cardinal Bernardin GANTIN pour honorer une exception véritable, une personnalité ou une institution hautement et universellement appréciée dans le combat pour la paix, la solidarité et la développement.
Le Conseil des Ministres a repris cette proposition et a institué un Comité National présidé par le Médiateur à la Présidence de la République, pour étudier les modalités de mise en œuvre de cette initiative.
Je me réjouis qu’aujourd’hui, jour anniversaire du décès du bien aimé Cardinal nous recevions le rapport de ce comité avec des possibilités concrètes de mise en œuvre.
Je suis sincèrement heureux de pouvoir féliciter avec vous le Président et les membres de ce comité pour la diligence et la perspicacité dont ils ont fait preuve.
Au cours de sa dernière réunion, le Gouvernement s’est penché attentivement sur ce dossier et il en a approuvé toutes les conclusions. Il a ainsi validé la nécessité de mettre en place une Fondation Cardinal Bernardin GANTIN pour laquelle il a décidé une dotation initiale de 200 millions de francs CFA permettant une mobilisation nationale et internationale aussi large que possible.
Je reconnais que cette somme est tout à fait modeste compte tenu de l’importance du projet. Mais chacun sait la situation actuelle de notre trésorerie par ces temps de crise financière.
Nous avons cependant consenti cet effort parce qu’il s’agit d’un investissement pour une cause majeure, parce qu’il s’agit d’un instrument de mobilisation d’autres ressources à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Il nous faut en effet mobiliser pour ce projet un minimum de deux milliards de francs CFA si nous voulons nous situer au niveau des prix généralement reconnus dans le monde d’aujourd’hui. Il fallait donc un signal crédible de la part du gouvernement initiateur du projet.
Ce signal est aujourd’hui donné et nous remercions profondément la Conférence Episcopale de nous accompagner dans cette première démarche selon les modalités qu’elle déterminera à sa prochaine rencontre.
Nous remercions également par avance toutes les institutions, les organisations, les personnes physiques et morales et tous les amis du Cardinal de par le monde qui répondront à notre appel pour nous permettre dès l’année prochaine d’asseoir définitivement la Fondation envisagée et de procéder, à l’occasion du cinquantenaire de notre indépendance à l’attribution pour la première fois du Prix International Cardinal Bernardin GANTIN.
Je veux insister : Il ne s’agit pas d’un prix de décoration. Il s’agit d’un prix de compétition pour le Bien. Des personnes physiques et morales peuvent y être éligibles. Il ne s’agit pas d’honorer le Cardinal qui n’en a nul besoin. Il s’agit de nous inspirer de sa vie, de son exemple pour promouvoir en tous domaines une nouvelle génération de bâtisseurs. Il s’agit de prendre appui sur ce modèle pour mieux résoudre des problèmes terrifiants de misère humaine chez nous et ailleurs en Afrique. Voilà pourquoi, il faut un Prix de valeur significative.
Je tiens à remercier une fois encore la Conférence Episcopale du Bénin, son Président, Son Excellence Monseigneur Antoine GANYE, Evêque de Dassa-Zoumè, chacun de ses membres et en particulier les Evêques de Djougou et d’Abomey qui ont bien voulu participer très activement aux travaux du Comité National pour le Prix Cardinal Bernardin GANTIN.
Cette initiative est aussi une manière de reconnaissance perpétuelle à l’égard de tous ceux qui avant le Cardinal, avec lui et après lui constituent le symbole d’un combat pour l’homme debout, pour le service gratuit au bénéfice de tous dans un monde où seul paraît s’imposer l’acharnement à privilégier l’accumulation matérielle, la contrefaçon, et les apparences souvent trompeuses.
Je remercie toutes les Autorités religieuses des divers cultes et confessions qui veulent bien généreusement s’associer à notre démarche pour la faire prospérer.
Je remercie les Béninois de toutes origines et de toutes convictions qui trouveront ici l’occasion de donner un sens nouveau à leur engagement de servir la patrie, le développement et l’Afrique, partenaire majeur dans un monde majeur.
Je saisis l’opportunité que m’offre cette cérémonie de premier anniversaire du décès du Cardinal Bernardin GANTIN pour rappeler la proposition que j’ai avancée, lors de l’hommage national prononcé à ses obsèques, d’encourager les principales municipalités du Bénin à signaler avec fierté ce nom prestigieux à l’un des grands carrefours de la cité.
Nous devons garder la bonne habitude d’honorer comme il se doit les pionniers de notre histoire, les grands modèles de dévouement exceptionnel, les héros de toutes nos résistances, les oubliés de notre difficile marche vers la démocratie.
Notre pays, le Bénin, n’est peut être qu’un point sur la carte du monde. Il nous revient d’en faire un pôle rayonnant grâce à nos hommes et à nos femmes reconnus chez nous et à travers le monde pour leur contribution à la culture universelle, à la science, à une gouvernance mondiale davantage fondée sur le respect, la justice et la solidarité.
Le Cardinal GANTIN s’est illustré à ce haut niveau d’espérance humaine. Le Pape Benoit XVI l’a encore rappelé au cours de sa récente mission pastorale en Afrique et je prie Monseigneur Robert SARRAH, Envoyé spécial du Souverain Pontife et Secrétaire de la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples ainsi que Monseigneur le Nonce Apostolique en terre béninoise de bien vouloir transmettre au Très Saint Père notre profonde satisfaction pour cette attention particulière. C’est encore là le signe que notre initiative est parfaitement fondée.
Ce qui rend les peuples fiers et confiants, ce ne sont pas nos manifestes et programmes aussi sincères soient-ils. Ce sont « les exemples vivants (qui) sont d’un autre pouvoir ».
Voilà le sens de mon récent propos au Conseil Exécutif de l’UNESCO le 20 avril dernier à Paris : « Le prix Cardinal Bernardin GANTIN servira d’instrument majeur et d’incitation à l’excellence en tous domaines, notamment dans celui du développement solidaire par la réhabilitation des valeurs du service, l’assistance engagée aux plus souffrants, la promotion hardie d’une jeunesse de qualité génératrice d’une vraie brigade africaine des apôtres du bien commun. »
Oui, j’ai l’ambition d’élever ce modèle issu de chez nous en pédagogie de développement humain. Cette ambition, mes chers compatriotes, je vous invite à la partager et à la faire rayonner.
Merci donc de l’avoir généreusement compris et de vouloir ensemble magnifier le sens profond de la Fondation et du Prix International Cardinal Bernardin GANTIN.
C’est le Bénin relancé vers les sommets de l’excellence.
Alors, que Dieu bénisse notre patrie !
Et que vive la République