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L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

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Entretien avec Denis Oba Chabi, député à l’Assemblée Nationale

 : « Il est temps qu’on s’accommode du rythme de travail de Boni Yayi »

Dans un entretien qu’il a bien voulu nous accorder, le député Denis Oba Chabi, président du groupe parlementaire « Unité Nationale » à l’Assemblée nationale est revenu sur les trois ans de gestion du président Boni Yayi. A l’en croire, le bilan est positif même s’il reste beaucoup à faire. C’est pourquoi, il invite les Béninois à s’accommoder du rythme de travail du président Boni Yayi afin que l’émergence du Bénin soit une réalité. Il s’est aussi prononcé sur la création d’un groupe parlementaire par le député Edgard Alia. Lisez plutôt.

Honorable Denis Oba Chabi, vous êtes président du groupe parlementaire « Concorde Nationale ». Au regard de ce qui se passe à l’Assemblée nationale, le président Boni Yayi peut-il encore compter sur les 35 élus Fcbe ?

Merci beaucoup. Je suis effectivement président d’un groupe parlementaire mais qui ne s’appelle plus « Concorde Nationale ». « Unité Nationale » est le groupe parlementaire que je dirige actuellement à l’Assemblée nationale. Ceci étant, votre question m’embête un peu parce que nous ne sommes plus 35, mais près de 39 à 40 députés aujourd’hui qui soutiennent le président Boni Yayi. Je ne suis pas certain qu’il y ait des problèmes insurmontables. Certes, il y a de petits problèmes liés aux intérêts des uns et des autres que nous nous évertuons à régler et je suis persuadé que d’ici à là, ce serait chose faite et vous verrez que les petits discours que vous écoutez çà et là seront terminés et nous serons tous sur la même lancée car il est question ici de soutenir un homme, le président Boni Yayi. J’ai l’habitude de dire que nous sommes 83 députés et je n’en connais pas trop qui sont contre le président Boni Yayi. Si quelqu’un vous dit qu’il est contre Boni Yayi, est-ce qu’il n’est pas en train de dire qu’il est contre le peuple ? Car, ce que ce monsieur a déjà réalisé pour le peuple béninois fascine, donc à mon avis on ne peut pas être contre lui.

Comment expliquez-vous alors l’initiative de l’Honorable Edgard Alia de créer un autre groupe parlementaire au sein des Fcbe ?

Je ne voudrais pas dire que mes amis journalistes sont sous-informés, mais il me semble qu’ils ne cherchent pas suffisamment. Au fait, il y avait combien de groupes parlementaires ? Huit. Combien de groupes parlementaires peut-on avoir à l’Assemblée nationale ? Neuf parce qu’il vous suffit d’être neuf pour former un groupe parlementaire, alors neuf fois neuf font 81 députés. Donc cela veut dire que l’Assemblée nationale peut normalement compter jusqu’à neuf groupes parlementaires. Mais de par les humeurs des uns et des autres, nous n’avons pas pu avoir jusqu’à neuf groupes mais huit. Or, il s’est fait que depuis environ un trimestre ou deux, un des présidents est décédé, il s’agit de feu Anani Abimbola (Paix à son âme). Alors, depuis ce moment, on n’a pas encore procédé à son remplacement. Le député Alia est dans le groupe du président Abimbola décédé, c’est lui qui est mieux placé pour succéder à feu Abimbola. Mais, pour des raisons que je maitrise personnellement et que je ne peux pas révéler ici, nous avons décidé d’attendre un peu. Mais Edgard Alia étant impatient, ensemble avec certains amis, ils ont dit « mieux vaut aller rapidement car on n’a plus le temps à perdre ». Dites-vous que depuis six mois qu’Abimbola est décédé, c’est Alia qui a les attributs de président du groupe parlementaire : le bureau, la voiture et tout. Alors que voulez-vous ? Il n’y a rien de nouveau, on n’a fait que concrétiser ce qui existait déjà. Certains ne comprennent pas et ils disent pourquoi créer un groupe parlementaire. Non ce n’est pas du neuf, c’est ce qui existait déjà.

L’opinion publique pense que la 5ème législature ne travaille pas comme cela se doit. Que pensez-vous de cette appréciation ?

Moi-même j’entends dire cela. Mais, rappelez-vous qu’au début de notre législature, les mêmes disaient que les législatures passées étaient des législatures paresseuses compte tenu du fait qu’on travaillait comme des étoiles filantes et vous savez que les étoiles filantes, c’est pour un court instant. Maintenant, nous avons donc décidé de changer de méthode, nous voulons aller désormais en TGV et vous verrez que les choses iront mieux. La belle preuve est que depuis la fin de l’année, vous avez vu comment on a voté le budget, les gens ne s’y attendaient pas, ils pensaient que le budget n’allait pas passer, cependant il a été voté. En début de semaine, vous avez vu ce qui s’est passé avec la Lépi, les gens ne s’attendaient pas à ce que cela soit voté mais c’est à l’unanimité qu’elle a été votée. A partir de cet instant, vous verrez que d’ici à là, tout ira comme sur des roulettes et puis nous n’aurons plus la sale note des paresseux.

Honorable, quelle appréciation faites-vous des trois ans de gestion de Boni Yayi ?

A mon avis, la célébration des trois ans de pouvoir de Boni Yayi doit s’étendre sur toute l’année. Je ne suis pas certain que tous ceux qui ont envie de la fêter l’aient déjà fait. La preuve, c’est que moi- même je n’ai encore rien fait et je suis certain que je dois le faire. C’est vous dire que si nous fêtons, il y a quelque part satisfaction. La satisfaction aujourd’hui quoiqu’on dise est générale. Certes, il y a des problèmes. Qui est parfait ? Qui peut tout faire ? Personne. Mais, pour le peu que le président de la République a fait, j’estime honnêtement que nous devons lui tirer un coup de chapeau. Ceci étant, je ne veux pas dire que les présidents qui l’ont précédé n’ont rien fait, ils ont fait ce qu’ils pouvaient en leur temps. Mais, Boni Yayi quant à lui, travaille comme un Train à grande vitesse (TGV), il a de l’ambition pour le pays. Il veut faire bien et rapidement. C’est donc la rapidité qu’il met dans ses actions qui embêtent certains aujourd’hui. Moi je pense sincèrement qu’il faut laisser ceux qui sont là faire leurs preuves et le moment venu, on avisera. En tout cas, il est temps qu’on s’accommode du rythme de travail du régime de Boni Yayi, c’est le conseil que j’allais nous donner. Et dans ce rythme de travail, la lenteur administrative l’embête car il ne veut pas perdre du temps étant entendu qu’il a des comptes à rendre à son peuple.

Vous êtes président du Cap-Suru qu’on entend plus sur l’échiquier politique national. Que se passe-t-il ?

Tout va très bien à telle enseigne que depuis la création du parti lors de la 3ème législature, on n’avait qu’un seul député mais au cours de la 5ème législature qui est la nôtre, nous avons deux députés à savoir un élu à Parakou et moi-même. On dit souvent quand le rythme change, la cadence va de pair avec. Aujourd’hui avec le changement, il n’est plus question de nos micro- partis qui nous créent d’ailleurs plus de problèmes qu’on n’en résout. Alors à partir du moment où il y a un grand regroupement comme la Fcbe, pourquoi voulez- vous que je laisse la Fcbe et aller parler du Cap- Suru. Mon parti est connu dans une zone mais son rayonnement ne couvre pas tout le Bénin. Ce que vous savez, comme moi d’ailleurs, c’est que la Fcbe est partout au Bénin et le Cap-Suru en est membre. Je préfère alors parler au nom de Fcbe pour que le Cap- Suru soit mis en veilleuse en attendant de voir clair car l’idéal serait de transformer Fcbe en un grand parti politique ou les uns et les autres pourront retrouver leur identité.

Comment entrevoyez-vous 2011 ?

Je ne sais pas si c’est à moi qu’il faut poser la question, je ne suis pas très bien placé pour vous répondre. Ce que je sais, c’est que tant qu’il reste à faire, rien n’est encore fait. Mais dans le cas du gouvernement du changement du président Boni Yayi, honnêtement, c’est sans commentaire car tout est lisible et visible, j’allais dire aussi audible. Le peuple ne veut que des réalisations concrètes sur le terrain. Votre politique politicienne fatigue les populations alors, retenez que le changement avance correctement et c’est cela l’essentiel.

Propos recueillis par Edgar GNIMAVO

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