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L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs

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Retour triomphal de Rachidi Gbadamassi


Après son ralliement à la mouvance présidentielle : ( Il appelle Issa Saley à rejoindre la majorité plurielle ; Lire l’intégralité de sa déclaration)

Longtemps remué au sein de l’opinion, le retour triomphal de l’honorable Rachidi Gbadamassi de la France et des Etats-unis où il a séjourné pendant des jours après son départ remarquable du G13, a été effectif, hier dimanche. Il a été reçu en pompe par une frange de ses militants et sympathisants de Parakou, certains de ses amis politiques et des membres de sa famille au salon d’honneur de l’Aéroport international Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou. La liesse était manifeste.

Par : Serge-David ZOUEME

Il sonnait 19 heures 5 minutes quand le vol Air France qui transportait l’honorable Rachidi Gbadamassi a atterri sur le tarmac de l’Aéroport international Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou. Habillé en tenu d’été, manche longue de couleur cendre, le député se dirige vers le salon d’honneur où l’attentait une foule d’amis politiques, des membres de sa famille ainsi qu’un groupe de militants et de sympathisants de Parakou. Sur leurs yeux, se lisait la joie. Les sourires assez larges se multiplient et se succèdent sur leurs visages. Cette liesse parfois rare des proches de Gbadamassi témoigne, sans nul doute, de leur plaisir et satisfaction poussés de retrouver un des leurs au regard du contexte politique. Assis douillet dans le fauteuil à cuir noir du salon d’honneur, Rachidi Gbadamassi dit ses premiers mots de remerciement à la presse béninoise qui était aussi au rendez-vous. Il a beaucoup apprécié le rôle prépondérant que jouent les professionnels des médias dans l’enracinement de la démocratie au Bénin. Des remerciements qui font le lit à la fameuse déclaration du député transfuge, Rachidi Gbadamassi.

« Mon revirement ne doit pas s’interpréter comme étant de la transhumance »

A en croire le député, son départ du regroupement politique G13 pour la mouvance présidentielle ne doit pas s’interpréter comme étant de la transhumance. Ceux qui tiennent de tels propos, selon lui, sont loin de la réalité. Car, martèle-t-il, la transhumance suppose que l’on quitte politiquement et de façon temporaire un point A vers un point B. « Pour mon cas, je quitte définitivement le G13 pour la mouvance présidentielle », a-t-il déclaré avant de poursuivre. Pour Rachidi Gbadamassi, ce qui s’est passé est très simple. Loin d’être une trahison comme l’évoquent certains politiciens, en l’occurrence ceux de l’opposition non déclarée, il a, à un moment important de sa carrière politique, eu à faire le choix entre ses amis politiques du G13 et ses électeurs. Il a alors fait son choix puisqu’il n’existe pas en tant que leader politique et député à l’Assemblée nationale sans ses électeurs de la 8ème circonscription électorale de Parakou. « J’ai fait mon choix et je ne le regrette pas », a-t-il dit.

Gbadamassi invite Saley à rejoindre la majorité plurielle

Dans le souci de montrer sa bonne foi, il confesse publiquement qu’il n’a jamais été manipulé, encore moins acheté. Certes, il s’agit d’un acte politique qui pourrait mettre en mauvaise posture ses anciens alliés du G13. Et c’est à juste titre qu’il leur demande de le comprendre puisqu’il est contraint par les exigences et obligations politiques de ses électeurs. Il en a profité pour inviter le regroupement politique G13, en l’occurrence le député Issa Saley qui serait son ami-frère à le rejoindre au sein la majorité plurielle. Car, selon lui, il n’est plus question aujourd’hui de bloquer méchamment la voie au chef de l’Etat pendant qu’il s’active à bâtir le Bénin prospère. « Nous devons tous l’accompagner puisque ceux de l’opposition non déclarée qui l’accusent à tort et à travers aujourd’hui n’ont jamais mené un débat franc autour du réel et véritable successeur du président Thomas Boni Yayi. Leurs discours tournent exclusivement autour du changement du chauffeur en 2011. Il faut actuellement des discours novateurs et convaincants qui offrent une véritable alternative aux populations », a-t-il précisé. Des propos qui ont épousé, sans nul doute, la vision de l’assistance, à l’exception des journalistes, qui a répondu par acclamation. Pour finir, Rachidi Gbadamassi a annoncé, pour de cette semaine, une tournée de sensibilisation et d’explication à Parakou pour mettre à l’aise ses électeurs de la 8ème circonscription électorale. Le cortège du député s’est ensuite ébranlé vers une destination inconnue. Aux dernières nouvelles, la fête serait poursuivie à la résidence du chef de l’Etat.

Déclaration

Parakoises ! Parakoises !

Chère population de la 8ème circonscription électorale !

Chers amis fans et sympathisants !

Peuple béninois !

C’est la fin de la récréation. L’heure de la vérité, l’heure de la vérité politique, l’heure de la réconciliation avec le peuple béninois a sonné. L’heure du développement harmonieux et intégral du Bénin a sonné. C’est l’heure de la réconciliation avec notre conscience qui a sonné. Il n’y a pas pire indigne et ignoble qu’un homme qui pose des actes et qui refuse de les assumer surtout quand ces actes vont dans l’intérêt du peuple. N’y a-t-il pas un adage de chez nous qui dit : « quand on ne sait pas où on va, on sait d’où on vient » ?

Permettez-moi avant tout propos de vous rappeler cette pensée d’une célèbre personnalité qui disait : « si un homme ne trouve pas un idéal pour lequel il veuille mourir, il n’est pas un homme. L’homme qui n’est pas capable de mourir n’est donc pas capable de vivre ».

Je ne suis pas un homme politique qui refuse d’assumer les actes qu’il pose ! je suis un homme de caractère et c’est la raison pour laquelle j’ai décidé de m’adresser aujourd’hui à vous qui m’avez donné mandat de vous représenter à l’assemblée nationale.
 Qui suis-je moi, pour ne pas écouter la voix du peuple ?
 Qui suis-je pour ne pas entendre la voix de ma base, des mes mandants ?
 Qui suis-je pour ne pas écouter la voix des têtes couronnées et confessions religieuses ?
 Qui suis-je pour ne pas répondre aux appels de ces populations de la 8ème circonscription électorale éprises de paix et de justice qui m’ont accordé par deux fois leur confiance en m’envoyant à l’assemblée ?
 Qui suis-je pour ne pas écouter ce sein maternel qui m’a toujours soutenu ?
 Qui suis-je pour aller contre la volonté des populations de Dassa à Malanville ? de Parakou à Cotonou ?
 Qui suis-je pour continuer par nier l’évidence et la volonté de Dieu ?
 Qui suis-je pour ne pas écouter et répondre à la voix de la conscience ?

Je ne suis qu’un élu du peuple. Il faut d’abord et avant tout se laisser guider par le bon sens qui doit reposer sur des principes moraux. Il me sera impossible en tant qu’élu du peuple d’avoir une morale séparée de celle de mes électeurs. Je ne suis pas au-dessus du peuple qui m’a fait confiance. C’est vrai, je devais choisir entre mes amis politiques et mes électeurs. J’ai préféré les seconds. Que les premiers m’excusent. Je ne pouvais et ne devais pas faire autrement. Je suis un homme politique tout simplement parce que les électeurs existent. Et comme le disait José Martyr, « tout homme a deux nerfs : la nature et les circonstances ». Et voilà, les circonstances m’ont fait décider en faveur des électeurs, des populations. Le diplôme de l’homme politique, c’est le peuple. Si le peuple le quitte, il n’aura plus d’amis politiques. Je n’avais donc qu’un seul choix : écouter mon peuple et ma conscience. Si des amis ne comprennent pas mon choix, qu’ils m’excusent. Je leur demande pardon du fond du cœur. C’est la culture politique que nous avons reçue qui nous indique de préférer le peuple à tout. Je me suis retrouvé dans la même situation que le général Kérékou à la conférence des forces vives de la nation : suivre la volonté du peuple et sacrifier mes alliés politiques. L’histoire a fini par lui donner raison. Je ne suis donc pas pressé car passées les condamnations et les récriminations du moment, mes amis me donneront raisons. Je les attends donc du côté des populations et souhaite qu’ils me rejoignent très bientôt.

Quant à toi, mon très cher frère et ami honorable Issa Salif, je te dois tout puisque tu m’as tout donné. Je t’attends donc à l’autre rive, la rive qui doit être la tienne. Nous devions nous libérer du joug de ces politiciens qui nous manipulent contre la volonté du peuple. Nous devions nous affranchir ; et moi j’ai fait le pas car, la grandeur d’un chef n’est pas dans sa personne, mais dans la mesure où il sert la grandeur de son peuple.

Les incompréhensions du passé avec le gouvernement sont le fruit d’un manque de dialogue. Je sais que tu es croyant et que tu n’ignoreras pas le plan d’Allah le Tout Puissant pour le Bénin. Ce plan d’aujourd’hui passe par la réconciliation et le pardon base d’une unité nationale durable et gage d’une prospérité économique.

En ce qui concerne mes autres amis d’hier, je me suis retrouvé à les quitter car aucune alternative crédible n’était proposée. La seule philosophie, le seul leitmotiv était le changement de chauffeur en 2011. Mais qui remplacera valablement l’actuel chauffeur ? Le remplaçant sera-t-il meilleur ou pire que l’actuel ? Il n’y avait aucune réponse à toutes ces préoccupations. C’était le Changement ou rien, même si le navire « BENIN » devait en subir les frais.

Je ne suis pas un adepte du déluge, je n’ai pas de nationalité d’emprunt. Je suis un véritable nationaliste et panafricaniste. Je n’ai que mon seul Bénin et jamais il ne me viendra à l’esprit d’y mettre le feu. J’ai donc préféré la prévention pour éviter l’escalade et donc l’instabilité politique. C’est tout ce qui m’a incité à la démission. On sait quand ça commence mais jamais on ne peut prévoir quand ça va finir. Je comprends votre amertume mais j’avais à choisir entre le Bénin et vous. J’ai préféré ma patrie.

Et vous président Boni Yayi ! Vous êtes le père de la nation. La dernière fois que nous nous sommes vus, c’était en présence du général Kérékou qui, après un débat très houleux m’avait demandé de vous soutenir et de vous aider. J’ai donc suivi aujourd’hui, après mûre réflexion, les sages conseils de ce grand homme en arrêtant ma guérilla contre vous. Soutenir vos actions, les actes de développement, oui ! Mais aussi et surtout, relever ce qui ne va pas et apporter des solutions idoines. Mon seul conseil à votre endroit serait donc de privilégier en toute situation le dialogue social et le consensus.

Ce choix, je l’assume et je ferai tout pour que triomphent les idéaux de la bonne gouvernance et de la démocratie apaisée. Je demande à mes amis de respecter cette volonté populaire qui s’impose à moi et de laisser de côté les attaques verbales et les manipulations de certains journaux contre ma personne afin d’éviter toute riposte cinglante de ma part. Ils me connaissent ! Et je les connais !

Je me suis démarqué du groupe parlementaire G13 avec qui je ne partageais plus les mêmes idéaux et visions politiques. Aujourd’hui, je suis un indépendant, un non inscrit. Mais je resterais attaché aux idéaux de la coordination du G13. Dans cette position, je serai plus libre de défendre mes points de vue sans le risque d’être pris en otage par l’un ou l’autre camp. Je pourrais apprécier au cas par cas et à leur juste valeur les initiatives et le programme du gouvernement et je pourrai accomplir avec plus de conscience la mission constitutionnelle qui m’est dévolue.

Parler donc de transhumance dans mon cas serait mal à propos, un abus de langage et même une méconnaissance pure et simple du sens du verbe transhumer. Transhumer en effet, c’est changer de façon saisonnière de lieu tandis que dans mon cas c’est toute autre chose. Pour finir, je dirais tout simplement de retenir ceci : « GBADAMASSI a démissionné du G13, pas à des fins personnelles et mercantilistes mais pour l’intérêt supérieur de la nation ».

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