L'expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs
: L’impossible union des G et F (Me Houngbédji, le dindon de la farce)

L'espoir de vitalité démocratique suscité par le séminaire de Bohicon - Abomey s'est déjà mué en une cuisante désillusion politique, donnant ainsi raison aux oiseaux de mauvaise augure qui avaient prophétisé une alliance mort-née. La ruse et les intrigues ont eu raison de l'unité apparente à l'origine de l'alliance des G et F. Chaque parti est resté jaloux de ses convictions identitaires.
Par Pius ZONGO
Par principe politique, la cohabitation entre libéraux et socio-démocrates apparaissait comme une gageure. Mais le Bénin ne cesse jamais d'étonner le monde; on avait cru que le pari pourrait être gagné. C'était ne pas compter avec la cacophonie des ambitions qui a toujours caractérisé les politiciens béninois. Ici, il a toujours été difficile de gérer les dividendes d'une victoire politique. Les prétextes n'ont pas manqué pour exciter les sentiments de frustration de part et d'autre. La perspective de 2011 a fini par emporter et éroder le consensus qui cimentait l'alliance des G et F. Le principe de la candidature unique, l'évocation insistante d'un prétendu devoir de mémoire par une bonne frange de la Renaissance du Bénin, les contradictions au sujet de la Lépi, la transhumance politique qui a gonflé les dysfonctionnements internes des alliés, tout a concouru à l'éclatement de la grande alliance dont le plus grand péché aura été le défaut d'un leader et d'une coordination bien structurée. En vérité, la cause n'a jamais été commune, et il ne fallait pas s'attendre à autre chose que les errances auxquelles nous assistons actuellement. Tribune de la haute politique, l'assemblée Nationale est aujourd'hui le théâtre d'un malaise inédit qui consacre l'hypocrisie et la tricherie congénitales des politiciens. Heureusement, les masques commencent à tomber un à un. L'opposition annoncée brille toujours de son éclat d'informel. De toute évidence, la Renaissance du Bénin rêve de sceller de grands amours avec la famille mouvancière. La traversée du désert a assez duré. Les jeux sont donc clairs même si l'on tente d'entretenir un flou artistique pour berner des alliés. Il ne faut pas se méprendre des prises de position parfois contradictoires de la présidente de la RB. Léhady et Nicéphore 80gl0 ont peu d'ascendant sur la position officielle du parti qu'on ne peut apprécier qu'au parlement. Le sort du MADEP de 8éfou Fagbohoun est identique à celui de la RB. avec deux (02) ministres au gouvernement et un député qui nourrit de hautes ambitions qui tutoient la cime des honneurs, Idji Kolawolé se trouve dans une position très délicate pour coordonner les prises de position du parti. La politique est un jeu d'intérêt où la morale gouverne rarement les options. Quant au G 13, son ossature politiquement hétéroclite le voue à une instabilité de foie qui prend des facettes spécifiques selon les intérêts qui sont en jeu. Il no faut donc pas s'étonner des dérives qui l'affectent actuellement. Chacun vogue au gré de la fantaisie de ses humeurs et de ses intérêts. Rien ne retient absolument personne. On en va comme on y vient. L'honorable Gbadamassi est part!. D'autres transfuges sont annoncés avec des indices qui ne trompent plus. L'enjeu a pris le pas sur le jeu politique transparent. Que reste-t-il encore de cette opposition annoncée à grand renfort de battage médiatique, rien que pour faire peur à Boni Yayi ,et
à céder aux chantages politiques.
L'alliance Force Clé désormais seule contre tous
Dans cette grande alliance des G et F, il n'y a plus que Force Clé qui n'avait d'ailleurs jamais manqué de nuancer sa position par des suggestions critiques au gouvernement. Aujourd'hui, elle apparaît comme le symbole d'une opposition rationnelle qui tient sa stabilité de l'identité référentielle de ses cadres. Jusqu'ici, la conscience collective et l'engagement au sein de cette alliance politique n'ont jamais été pris à défaut. La dernière déclaration de Force Clé sur les incohérences de la Lépi en est une illustration. Au lieu de verser dans des déclarations outrageuses, l'alliance Force Clé a préféré attirer l'attention du Chef de l'Etat sur les pièges contenus dans la loi votée par les députés et qui, à terme, pourraient se retourner contre le gouvernement. Car, lui seul répondra de la non réalisation de la Lépi si des obstacles ultérieurs l'y contraignent. L'Assemblée Nationale aura déjà joué sa partition. C'est donc heureux que Lazare Sèhouéto et les siens aient choisi cette démarche qui les honore. Le chef de l'Etat, en toute humilité, devrait s'en saisir pour demander une deuxième lecture. Ce faisant, il éviterait de tomber dans des embuscades subtilement dressées par les vrais ennemis de la Lépi. Boni Yayi doit donc transceRd.er Ir=:s positions subjectives de ses alliés dont la sincérité n'est plus avérée. L'heure est grave et le chef de l'Etat doit se mettre au-dessus de la mêlée pour ne pas prendre des vessies pour des lanternes. Le ventre incline déjà nombre de ses partisans vers Bio Tchané avec qui, il est aujourd'hui plus facile de faire de la surenchère politique.